samedi 21 juillet 2012

Paris plage, une delanoérie de plus



Un ami à moi, de gauche, me confiait ce midi que Paris-Plage c'est un truc de plouc. J'avoue que je suis bien d'accord avec lui pour une fois.

Inutile de rappeler à mes lecteurs ce qu'est Paris-Plage ou plutôt de la transformation quasi complète des quais de seine en un énorme boulevard de sable, avec parasols, marchands de glace à 5€ la boule, Club Minnie et chaise longues à 20€ de l'heure... Et pour ceux qui ont une caisse, comme moi, ben c'est tant pis pour aller travailler, le tourisme n'attend pas. C'est ainsi que nos américains, qui sont au passant de grands marcheurs du haut de leurs deux cent kilos, découvrent dans la ferveur populaire notre côte d'azur et nos brumisateurs qui font rouiller nos vélib au plus grand bonheur de monsieur Decaux. 

Je me remémore aussi de la première année. Toutes les personnes autours de moi trouvait cela formidable, contemporain, génial, original, épatant, étonnant, fantastique et j'en passe des superlatifs, à l'exception des connards de droite, toujours un peu trop réac' sur les bords.

Pensez donc: c'était l'occasion inespérée pour permettre aux banlieusards des cités grises, vous savez ceux qui ne peuvent pas se permettre de partir en congé, d'avoir l'impression, au cours d'une journée d'être au bord de la mer et de voir des bateaux mouche et des yachts de millionnaires. Une sorte de «réappropriation de l’espace public», comme le prétendait la propagande progressiste officielle. Ah les termes de gauche, ou comment faire passer le suppo avec de la glycérine...

A cette époque le peuple de Paris n'était pas encore las des grandes opérations culturo-sociétales de monsieur LANG. N'étais-ce pas aussi lui, le père de la fête du vacarme le 21 juin et le grand chambellan de la nuit blanche qui se finit à minuit?

Ceci avant que des bobos réacs comme Philippe MURAY ne se permettent de tourner en dérision tout ce beau dessein:
«Cet été, les plagistes de la Mairie de Paris ont résolu de parasoliser Paris. Et de le palmiériser. Et de le boulodromiser. Et de le transatiser. Et de le littoraliser. Sur trois kilomètres. Entre quai Henri-IV et Tuileries. Trois kilomètres pour commencer. On verra par la suite. On généralisera le concept, puisqu’il ne s’agit que d’un concept. D’un bain de concept. Même pas d’un bain de pieds puisqu’il n’est pas permis de plonger fût-ce un orteil dans l’eau. Le concept a ceci d’avantageux qu’on peut l’étendre à l’infini sans soulever des tempêtes de protestations. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas ensabler aussi la rue de Rennes et parasoliser le boulevard de Sébastopol? Puisque tout cela n’existe que par les mots employés?»
La «plagification» progressive de Paris au cours des années est devenue grotesque, typiquement artificielle d’une fausse communion populo avec infrastructures démontables.

Revenons à nos ploucs. Combien l'ont fréquenté? D'après les conseillers municipaux, pas loin de cinq millions. 

Fût-ce écolo? Peut être bien. De toute façon cela ne serait pas pire que si les quais de Paris étaient fréquentés par des voitures diésélisées ou des taxis.

Ce festival de ploucs a tellement enchanté tout le monde que j'ai lu dernièrement que les maires de Berlin, de Budapest et de Bruxelles et une tripotée de villes françaises ont souhaité emboîter le pas. Quelle diabolique idée! 

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