mardi 31 juillet 2012

Une niche fiscale particulièrement stratégique et juteuse


Il semble que la chasse aux niches fiscales soit ouverte du moins c’est ce que disent les gens de gauche ainsi que les journalistes qui saluent ce geste. Leur programme pour la France propose d’annuler 50md€ sur les 70md€ de «dépenses fiscales inutiles».

Néanmoins, une niche ne semble pas concernée : celle des journalistes, créé en 1934, supprimée par Monsieur JUPPE puis rétablie en version allégée sous Monsieur JOSPIN, en 1999.

Retour sur l’historique de cette mesure. Elle permettait de déduire 40% au nom de frais non remboursés par leurs employeurs. En 1996, Monsieur JUPPE tira un trait sur cet avantage. Des manifestations monstrueuses en découlèrent dans les rues de Paris. Des dizaines de journaux sont même allé jusqu’à lancer un boycott photographique des parlementaires favorables à la mesure. Mais Monsieur JUPPE tient bon et crée un fond budgétaire pour compenser la hausse d'impôts tout en entamant des négociations avec les syndicats qui aboutissent sous Monsieur JOSPIN.

Concrètement, la mesure fiscale donne les résultats suivants en fonction des époques :


Journaliste Débutant
Journaliste Confirmé
Journaliste Senior
Présentateur Régional
Présentateur National
Salaire / m
2.000
3.000
5.000
15.000
50.000
Salaire / a
24.000
36.000
60.000
180.000
600.000
Déduction avant JUPPE
7.200
10.800
18.000
54.000
180.000
Impôt corrigé
1012
2.188
7.033
38.302
187.882
Sous JUPPE
Droit commun
Droit commun
Droit commun
Droit commun
Droit commun
Impôt corrigé
1.684
4.153
10.633
106.852
208.042
Déduction sous JOSPIN
7.650
7.650
7.650
Droit commun plus avantageux
Droit commun plus avantageux
Impôt corrigé
949
2.938
10.138
106.852
208.042

Comment justifier cette différence de traitement face à l'impôt? Dans le régime commun (en rouge, qui correspond aussi au régime que Monsieur JUPPE souhaitait conférer à la profession), les Français peuvent déduire 10% de leur revenu au nom de ces frais.

Rappelons aussi une remarque pertinente d’un ex ministre du budget, Monsieur BAROUIN, qui signale que l'allocation pour frais d'emploi, alors mis en place, était aussi une «aide indirecte à la presse», secteur sinistré et largement subventionné par l'Etat.

Rappelons aussi certains salaires de la profession :
  • Madame PULVAR et Monsieur PUJADAS qui gagnent aux environs de 12.000 € par mois, 
  • Madame FERRARI qui émarge à 400.000 € annuel, 
  • Monsieur APATHIE avec 40.000 € par mois,
  • Monsieur DUHAMEL, 56.000 € par mois…

Et enfin, rappelons qu’ils n’en sont pas restés là et qu’ils réclament depuis les élections :

  • un abattement supplémentaire de 10% pour les « frais esthétique », 
  • le rétablissement de la déduction originelle de 1934 de 30%, 
  • l’extension à une durée de 6 mois de paiement de leur salaire au minimum pour peu qu’ils aient travaillé au moins 3 mois (actuellement le système leur concède 3 mois de salaire pour au moins 3 mois consécutifs travaillés) et au-delà de ces 6 mois réclamés, ils souhaitent le maintient des 2/3 de la rémunération mensuelle plus le supplément familial dans son intégralité, 
  • l’extension à 4 ans (2 ans actuellement) du système qui leur concède l’intégralité de leur salaire s’ils sont victimes d’accidents du travail ou de trajet, ou atteints de maladie professionnelle contractée à l’occasion de leur travail, 
  • en cas d’incapacité permanente ou partielle telle qu’elle est reconnue par la sécurité sociale, le journaliste a droit à une priorité de reclassement dans une fonction compatible avec son état physique, avec maintien de tous ses droits (y compris la déduction fiscale), notamment en matière de salaire.

Je suppute que Madame TRIERWEILER et Madame PULVAR ne manqueront pas de le rappeler à notre « président normal ». Et c’est la raison pour laquelle je pense que tous ces journalistes qui crachent sur les riches, et qui n’ont pas de mots assez forts pour dénoncer le Sarko bling bling se gardent bien de parler de leurs avantages fiscaux.

Pour un chef d’état il est très important d’avoir le pouvoir médiatique de son côté, même si cela doit passer par l’attribution de niche fiscale, afin d’avoir une emprise. Ce qu’avait parfaitement compris Monsieur MITTERAND.

Si cette niche était supprimée, la suppression de l’avantage ne serait que symbolique, à l'image de la dérisoire taxe exceptionnelle sur les très hauts revenus institués par Monsieur FILLON.

Dans ce débat, les journalistes sont juge et partie puisqu'ils ont le pouvoir de mobiliser ou non l'opinion publique. Ce n'est pas plus glorieux que les parlementaires qui votent eux-mêmes leur rémunération.

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