mardi 23 octobre 2012

Le Rapport Gallois


Alors que ce fameux rapport n'est même pas encore publié, voila que nos bons socialistes l'on déjà enterré à commencer par le premier d'entre eux..

Nous noterons le lest des médias, particulièrement les journaux qui tardent à nous faire connaitre les raisons profondes de ce rejet. Peut-être cela sera-t-il pour plus tard ? 

Mais quels sont les points intéressants de ce rapport? Au total 7 mesures majeures qui ne valent pas toutes d'être débattues équitablement. En réalité, la vraie mesure est celle d’un choc de compétitivité qui se décompose en deux sous ensembles importants:  

  • la baisse du coût du travail, slogan de Nicolas SARKOZY (proposition surprenante pour un "mec de gauche"). Travailler plus pour gagner plus. Alors bien sûr, sans décréter de travailler plus ex nihilo, il faut aussi qu’il y ait du travail à réaliser et qu'il soit effectué à un coût compétitif. La France, avec plus de 10% de chômeurs officiels (18-24% officieux selon diverses estimations - voir mon post), a effectivement besoin de travailler plus en espérant raisonnablement qu'elle gagnera aussi plus. Le problème actuel, c’est que faire travailler des gens est "hors de prix". Dans l'industrie: lorsqu'un salarié perçoit 1€ de salaire, son employeur doit payer 2,2€ (source: OCDE). Il est donc impossible d'être compétitif sachant que certains pays de l'est, en zone euro, ponctionnent 1,15€ pour un salaire brut de 1€. Baisser le coût du travail, non pas en baissant le net du salarié, mais tous les parasites qui viennent se greffer sur la fiche de paye est donc de bonne augure.
  • Et la baisse du coût de l'état
 
Facile à dire, diront mes lecteurs, sachant que l’argent des charges est utilisé à des fins sociales: la sécu, la retraite, les allocs, les ASSEDIC, UNEDIC, etc. Changer le mode de financement peut être une option. Cela me rappelle une proposition des syndicats de créer une taxe sur la valeur ajoutée des entreprises. Mais quel intérêt? Taxer la valeur ajoutée revient exactement à taxer le travail in fine. GALLOIS, lui, propose une majoration de la CSG et de la TVA. La TVA semble une proposition raisonnable puisqu’elle taxe avant tout la consommation et les produits d’importation, ce qui n’est pas le cas des charges sur les payes. La CSG, quant à elle, taxe les salaires dans un contexte où le pouvoir d’achat est en berne. Cela revient à jeter du carburant sur le feu.

Vient alors le coût de l’Etat, une véritable omerta nationale. Personne ne souhaite en parler alors que c'est un véritable sujet. L'administration de la France coûte 8 points de PIB de plus que l'Allemagne. Aux dernières nouvelles pourtant les teutons ne sont pas sous-administrés. Évidemment les socialistes ne manqueront pas de dire que l’on supprime des emplois publics ce qui augmentera encore le chômage. Pourtant j'ai le sentiment que ces conséquences ne seront que provisoires. En effet, une compétitivité retrouvée se soldera par des commandes supplémentaires et donc une production en augmentation et des créations nettes d’emplois qui devraient faire plus que compenser les pertes initiales. De plus, lorsqu’un employeur paye ses employés, il leur attribue, en échange de leur travail, un pouvoir d’achat. Dans ce pouvoir d’achat, le coût de l’Etat est compris. Avec un état qui représente 56% du PIB, cela veut dire que plus de la moitié de la rémunération du salarié, d’une façon ou d’une autre, sert à rémunérer l’Etat. Que chacun réfléchisse bien à sa vie de tous les jours et qu’il regarde s’il a l’impression que la moitié de ses gains (charges employeur incluses) lui paie l’équivalent en prestations publiques… D'où la conclusion : le problème de la France, ce n’est pas celui de la compétitivité de ses entreprises, c’est celui de sa compétitivité globale dans un contexte où l’administration publique représente plus de 50% du coût.

Le discours sur la réforme de l’Etat c'est un peu comme parler de la femme de M COLOMBO, ou de l'Arlésienne, ou du monstre du Loch Ness: comme une sorte de mythe car tout le monde en parle mais en réalité personne ne l'a jamais vu. Il faut moins d'Etat. La réforme nécessaire doit avant tout être philosophique; les intendants finiront bien par suivre. L’Etat est là pour offrir un service qui ne saurait être gratuit. Et c'est avant tout ceux qui s'en servent qui doivent se mutualiser pour le payer (et je dis bien tous, en fonction des moyens de chacun).

Des grandes fonctions peuvent être citées:

  • le développement de son économie et de son territoire
  • la gestion de son patrimoine (finances, patrimoine immobilier, culturel, naturel, forestier, agricole...)
  • la sécurité (police, prévention des risques y compris sanitaires)
  • le social (travail, sécurité sociale)
  • l’extérieur (défense, affaires étrangères, immigration)
  • l’éducation, la formation, la recherche
  • la justice
C’est à partir de ces missions qu’il convient de définir les tâches et par voie de conséquence les besoins et non de construire un budget en reconduisant peu ou prou le budget de l’année précédente. Sans ce big bang -qui conduira à repenser la mobilité dans la Fonction Publique et à réduire les tâches administratives au bénéfice des tâches actives- il n’est pas possible de réduire les dépenses de l’Etat. 
Cette révolution ne pourra se faire sans un effort considérable de réduction de notre inflation législative nous coûtant presque un point de PIB/an. Elle permettrait de réduire massivement le temps d’administration.

Enfin, la "révolution culturelle" que doit faire l’Etat est de déterminer son "cœur de métier" et d’assurer l’équité de la prestation avec un coût identique pour toute la population. Ce coût doit être payé par tous, y compris par les plus pauvres car tout le monde doit savoir ce que la France lui coûte et être au courant du juste prix de la prestation. La hauteur de cette contribution doit être proportionnelle, à pourcentage fixe, identique pour tout le monde. Cela n'empêchera aucunement l'administration, si nécessaire, de reverser des compensations aux plus pauvres.

Quant aux autres mesures de ce rapport, hélas, elles ne sont pas du même niveau: taxe sur les diesels (sachant que les moteurs diesel polluent moins que les moteurs à essence), pouvoir aux salariés dans les conseils d’administration (utopique), pacte social (dans un contexte mondialisé), etc... Toutes ces mesures ne sont possible que dans une nation, ce que nous ne sommes plus.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire