lundi 5 novembre 2012

La bombe P


 
Voila une puissante bombe que tout le monde semble ignorer et qu'il conviendrait de désamorcer au plus vite.

Nous étions:
  • 250 millions en l’an 1, 
  • 350 millions en l’an 1000, 
  • 500 millions en l’an 1500, puis  
  • 1000 millions en l'an 1800, 
  • 2 milliards en 1930, 
  • 3 en 1960, 
  • 4 en 1975, 
  • 6 en 2000, 
  • 7 en 2011. 
Cette soudaine accélération est à mettre sur le compte du progrès. Et cela continue: 8 en 2025, 9 en 2050, 17 en 2100...
 
L'espèce sapiens sapiens, qui pourtant se revendique intelligente, sensée, raisonnée est en train de creuser sa propre tombe en laissant filer de manière exponentielle sa démographie. A ce rythme, une véritable apocalypse attend l'Homme.

Thomas MALTHUS et David RICARDO avaient raison
Les thèses de MALTHUS ont été bien trop souvent discréditées car choquantes. C'est vrai, c'est choquant de dire que plus la population d'une nation est en croissance et plus la richesse individuelle de chacun diminue. Mais personne ne l'oppose aux risques inhérents d'une population débridée.  

Ce pasteur du 18e siècle avait pourtant raison: le nombre d'invités possible autour d’une table dépend de la dimension de la table! Cet équilibre "parts à manger/convives" ou "ressources de la planète/personnes sur la terre" est vital et passera quoi qu'il advienne en douceur ou dans la douleur.

Le WWF s'est aussi immiscée sur le terrain dénataliste ainsi que le rapport MEADOWS. Tous les deux avançaient que l’explosion démographique était la cause principale de la crise environnementale.
 
Le très connu Bernard WERBER désigne la surpopulation comme la cause de nos malheurs dans la plupart de ses interviews. Il interpella Nicolas HULOT mais ce dernier esquiva l’embarrassante question.

Citons aussi:
  • Arne NAESS: "L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution",
  • Claude LEVI-STRAUSS: "Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre",
  • Jacques-Yves COUSTEAU:  
    • "Notre société devient une société de consommation effrénée. C’est un cercle vicieux que je compare au cancer... Devrions-nous éliminer la souffrance, les maladies? L’idée est belle, mais peut-être pas profitable à long terme. Notre peur des maladies ne doit pas mettre en danger le futur de notre espèce. C’est une chose terrible à dire. Mais pour stabiliser la population mondiale, nous devons éliminer 350.000 personnes par jour. C’est une chose horrible à dire, mais ne rien dire l’est encore plus" 
    • "Nous périrons sous les berceaux. Nous sommes le Cancer de la Terre; la pullulation de l’espèce humaine est responsable d’une pollution ingérable par la nature. Cela est tellement évident qu’on se demande de quel aveuglement sont frappés nos dirigeants. La nature, dans sa grande sagesse, essaie de nous aider ; les cas de stérilité sans cause apparente s’accroissent - comme d’ailleurs s’accroissent les orphelins et enfants abandonnés et maltraités!" et 
  • Sœur EMMANUELLE: "Dans les bidonvilles, j’avais chargé un docteur de prescrire la pilule, afin que les femmes n’aient pas un bébé tous les dix mois. J’avais vu une femme enceinte allaiter deux bébés ; je ne pouvais laisser perdurer cette situation. J’ai envoyé une lettre directe au Pape pour lui expliquer. Je n’ai jamais eu de réponse..."
Un exemple simple
Il est aisé de montrer l'importance de la taille de la population en prenant l'exemple des perturbations climatiques liées aux émissions excessives de gaz:  
  • supposons que chaque humain rejette 100kg de dioxyde de carbone, 
  • supposons aussi que grâce à d'importants sacrifices et de privations les Humains soient ENFIN parvenus à s'entendre par un quelconque protocole (Kyoto, Copenhague, Rio et j'en passe) et réduisent leurs rejets de 30% (ce qui est considérable). Chaque personne émettrait alors 70kg de dioxyde de carbone, 
  • cela conduirait à un résultat très décevant: les 7 milliards qui rejetaient initialement 700 milliards de kilos de CO2 ne rejetteraient plus que 490 milliards en 2012 mais rejetteraient à nouveau 700 milliards dans 20 ans (sur une base de 10 milliards d'habitants). Tous les efforts faits seraient réduits à néant. 
Évidemment il ne s'agit pas de réaliser un passage en force de ramener la population aux trois milliards des années soixante mais de marquer une pause procréative et de rester - au plus - au niveau actuel.

La planète est épuisée
Il n'y a dans ce problème complexe pas uniquement des discussions à entreprendre sur la pollution climatique. Il y a aussi la raréfaction des ressources naturelles. La démographie galopante pompe littéralement toutes les ressources de la Planète.  

Alors bien sûr, on s'intéresse d'abord aux ressources énergétiques et notamment du pétrole mais les humains manqueront aussi d’aluminium, de cuivre, de terres rares, d’acier, de platine, de gaz naturel, d'eau potable qui d'ailleurs commence déjà à manquer sérieusement (en 2050: 20% des terriens, souffriront d’une carence d’eau. 3,2mds en manqueront en 2080 - 1,1mds n’ont pas accès à une eau potable, 2,6mds ne sont pas raccordés à un service d’assainissement, 15000 personnes meurent tous les jours de maladies transmises par l’eau, soit 10 fois plus que de tués par la guerre), les ressources piscicoles dont les sur-pêches actuelles ne permettent même plus aux stocks de poissons de se reconstituer ou encore des forêts qui disparaissent pour répondre aux besoins de bois mais aussi aux besoins de surfaces cultivables au détriment des grands poumons de la Planète (la forêt amazonienne par exemple) ce qui déséquilibre la biosphère. 

En fait, l'Homme aura presque déconstruit tous les écosystèmes et contribué au recul et à l’extinction d’un nombre incalculable d’espèces végétales et animales à tel point qu'il a même fondé des commissions chargées de les comptabiliser pingrement... 

Les planétaristes prédisent qu'en 2050 il n’y aura plus d'hydrocarbures bon marché. Il n'y aura donc plus de transports viables de marchandises et de produits alimentaires, ni d’agriculture productiviste. Les engrais,  issus de la pétrochimie, permettent de nourrir 7mds là ou une agriculture naturelle ne pouvait que nourrir 3
mds. Maintenant que nous sommes empoisonnés avec une alimentation bourrée de chimie, après avoir tué le sol par l'agrochimie, les écologues nous vantent une agriculture biologique capable d'alimenter 12mds de personnes. Amen! Mais au-delà de ces 12mds, que fera-t-on?

Nous sommes aujourd'hui pathétiquement angoissés par des dates angulaires: 2040:fin de l’uranium / 2050:fin du pétrole / 2070:fin du gaz naturel / 2090:fin du fer / 2160:fin du charbon (Source: Science et Vie hors série N° 243). Le pic forestier est quant à lui déjà dernière nous.

La vie deviendra invivable, les pénuries engendreront les pires conflits pour l’appropriation des ultimes sources alimentaires et énergétiques.
 
En dépit de son intelligence, l'Homme ne sait pas se réguler
Notre espèce semble dans la plus indigente incapacité de se contrôler et continue de tout détruire, envahir, décimer. C’est presque trop tard, la planète est en déliquescence. De l'âge de pierre à Fukushima, notre progrès n’aura été que technologique avec si peu d'humain. 

Notre espèce aura su occuper indûment toutes les niches des autres grandes espèces qu'elle a odieusement expulsé. Et cela se poursuit à chaque fois que l'on abat un arbre d'une forêt et que l'on fait reculer un discret orang-outan. 
 
En fait, l'Homme inaugure la sixième phase d’extinction massive des espèces, la première pour cause anthropologique.

La surpopulation est un crime contre l’humanité
L'absence de discussions dans le débat public actuel relève de l’outrage. Une telle frilosité en dit long sur le charlatanisme des dirigeants dont le souci premier est de plaire, quitte à renoncer à l’audace d’un vrai débat gênant intrinsèque à tout sauvetage. Il faut cesser de feindre d’ignorer la finitude de notre monde, de garder à l'esprit que nos progénitures n'hériterons, dans la perspective actuelle, que des lambeaux et des restes d'un monde épuisé

En finir avec le dogme religieux 
Des trois grandes religions monothéistes, toutes affirment qui faut "croitre et se multiplier". Ces quelques mots, connus de tous, poussent les Hommes, croyants ou non, à procréer de façon inconsidérée et excessive.

Cette phrase est pourtant incomplète. Il aurait fallu écrire: "Croissez et Multipliez vous ... et répartissez vous sur la Terre entière, mais de façon intelligente, digne, intègre, raisonnable et harmonieuse".

Les autorités religieuses forment une véritable association de malfaiteurs avec les nouveaux marchands du temple générés par un néolibéralisme en proie à un instinct forcené du profit.

En finir avec le dogme politique
Même son de cloque sur le versant politique et son triptyque "Travail-famille-patrie" ou "dieu-patrie-roi". C'est une vieille recette pour un peuple voué au lapinisme et corvéable à merci par le lobby du travail et du lobby consumériste qui y voit davantage de profits en perspectives.

Tous ces discours procréateurs ne devraient pas être acclamés car ils sont irréalistes et cyniques. Ils répandent la pauvreté et l'exode massif de pays pauvres surpeuplés dans des zones qui paraissent plus fertiles. Pour ces raisons, les dirigeants feraient mieux de redouter des ventres pleins que des ventres vides.

La propagande nataliste est le fait de partis politiques rétrogrades et liberticides qui prônent simultanément des valeurs fétides comme le racisme, le sexisme et le spécisme, ceux qui évidemment n’inscrivent l’écologie qu’à contrecœur à leur programme et n’en font qu’un hochet électoral, une occasion de blanchiment vert au profit d’un marché de dupes. Une population croissante stimule l’orgueil et le prestige national. 

Une nature plus réaliste
La Nature semble de son côté plus réaliste que les Hommes. Elle présente une sorte de système de régulation car au-delà de la sélection naturelle et de la régulation écologique, il semble que par des excitations et des inhibitions hormonales, une planification naturelle des naissances se met en place et permet d'assurer un équilibre optimal des populations, en fonction des écosystèmes en présence. Pour faire simple: dans un lieu donné, à un moment donné, le manque de nourriture, d'herbes, de fruits se solde par la baisse de fertilité qui permet d'adapter la population à la nourriture disponible. Il est d'ailleurs étrange de constater que pour l'Homme la notable baisse de la fertilité des spermatozoïdes! Un signe pour nous alerter?

Et maintenant?
Ma foi, maintenant que nous avons tout bousillé, il nous reste à décroître, à reconstruire les écosystèmes ou de suivre les conseils pataphysiques du WWF qui nous recommande de trouver une seconde planète aux mêmes vertus que la nôtre.

Mais acceptons déjà de voir les choses en face. La "surpopulation" est la cause d'un grand nombre de nos maux. 

Encourageons au plus vite la mondialisation de la dénatalité.

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