mercredi 19 décembre 2012

La fin du monde c’est pour bientôt. Oui, enfin !




La fin du monde c’est pour bientôt. Oui, enfin ! … depuis le temps que nous l’attendions; cela urgeait vraiment.

Il est aussi vital que tout cela cesse, je n’en peux plus de voir mes contemporains manger la banane par les deux bouts tout en se gargarisant de leur réussite en carton (par exemple toutes les connasses du marketing qui se revendiquent « executive »  ou « Directrices de la Business Unit Zinzin » le poignet (décoré avec un bracelet Michaela FREY) posé fermement sur la hanche qui elle-même déboite de la position droite qui caractérise sapiens sapiens)). J’aime bien cette idée que tous ces imbéciles (qui d’ailleurs sont heureux) et qui croyaient être les maîtres du monde se rendent compte après-demain qu’ils ont précipité leur propre perte. Comme ça, juste pour le plaisir (je suis méchant de nature, rappelez-vous le). Ceci dit l’idée d’un quelconque jugement dernier n’est pas trop déplaisante. Voir que tous ces gros nazes, les « conquerors » et princes des « corporate » deals « win-win » se sont, dans le passé, tant marché sur la gueule pour réussir à si peu… Réussir quoi d’ailleurs ? A rien si ce n’est d’avoir une femme siliconée qui les trompe avec ses trompes (notez le jeu de mot) avec le premier connard venu pour oublier l’indigence de leur vie ? Avoir une belle caisse rouge –comme le sang de leurs victimes- et limitée à 130 km/h sur l’autoroute comme tous les exploités qui roulent en Twingo ? Être en photo dans des magazines sinistres qui ont conduit à la mort de milliers d’arbres? J’ai beau chercher, un truc m’échappe sur la nécessité de sauver l’humain. En fait, voir ces idiots se faire conduire en enfer et se faire enculer par Belzebuth tout en reluquant des clips de Canibal Corpse me séduit. Je reste quand même dubitatif sur les délais de mise en application de cette loi divine -et ultime- car vu le nombre de sots sur la planète, le procès risque de durer une sacrée éternité.

En attendant, chers lecteurs, sachez que c’est maintenant que vous aurez l’occasion unique et inique de faire ce que vous avez toujours rêvé de faire : car après demain vous ne serez plus que cendre. C’est maintenant que vous pourrez vous amuser à courir nu sur les plages et sentir la bise délicate se faufiler dans la tiédeur de votre entrejambe et cela même si nous sommes en plein mois de décembre (vous n’aviez qu’à le faire cet été après tout !). Pensez aussi à visiter les plages de Calais pour chasser du coquillage de couleur rose afin de les offrir à votre promise. N’oubliez pas non plus de dire à votre collègue que l’empoisonnement de ses fleurs à la javel à son bureau c’était vous (que ces mêmes fleurs désormais reposent dans la sérénité de l’éternité). Pensez aussi à vous réconcilier avec tous les cons (ils n'y peuvent rien et ne savent pas qu’ils en sont). Faites le maximum de bêtise et ne vous rendez plus au confessionnal. Si vous avez l’occasion de croiser une très belle personne sur le bitume, n’hésitez pas non plus à l’embrasser (pensez aussi à votre vieille voisine qui, même si elle est moche, a aussi droit à un geste de citoyenneté pour sa lumineuse dernière journée de vie). Dites aussi à votre boss que vous l’emmerdez (« au revoir, au revoir président », rappelez vous). Arrangez-vous de telle sorte que cette ultime journée soit inédite et extraordinaire, afin que le sot qui nous sert de démiurge déplore un tout petit peu son geste final.

Vous ne saurez jamais si Fillon va battre Copé, si MOLLANDE réussira dans son projet de MAP ou encore le nombre de buts que ZLATAN, largement surpayé en ligue 1, marquera. Vous ne saurez pas non plus si 2013 sera aussi malsain que 2012 (qui bat quand même de sacrés records), ni même si le prix de l’immobilier parisien baissera (et cela même si l’Express et Le Point nous vendent depuis dix ans leur diarrhée journalistique sur l'hypothèse d'un crack imminent).

Personnellement –et Dieu sait si je suis grincheux- je commençais quand même à aimer cette vie de merde dans ce monde corrompu et pourri. Avec ses micro défauts comme sa soif d’autodestruction, son culte nombriliste, tout ça, tout ça… Figurez-vous que j’éprouvais même un début de sympathie pour ma sale voisine qui vient ronchonner à ma porte si je pète ou tousse un poil trop fort après minuit ou qui est capable d’appeler le syndic pour une simple inondation, un décrochement de structure de mon balcon ou encore un début d’incendie. Les gens sont quand même dingues, non? Ne cherchez pas à comprendre, je me comprends.

Je n’aurai pas non plus le plaisir de savoir si un jour j’arriverai à devenir un vrai Directeur dont le statut « cadre » cadrera un peu plus que mes 5 stylos (dont les deux fameux stylos vache et abeille avec ses oreilles en ressort) posés avec style et soin dans ma trousse à outils. Je ne saurai pas non plus si ma chère amie (Élodie, je pense à toi là) arrivera un jour à se faire remarquer après QUATRE tentatives infructueuses de se qualifier à la star academy. Remarquez, elle au moins pourra se délecter de mourir dans la joie de Noël, heureuse et candide. Alors je suis content pour elle de savoir qu’elle va quand même finir son innocente existence avec peut-être –enfin- un son palpable. Ne cherchez pas à comprendre, je me comprends aussi (bis).

Moi-même, enfin, je vais pouvoir quitter ce monde en pensant que je serai augmenté (excusez-moi d’être un indécrottable optimiste sur cet unique point). Cela me fait penser que je suis en vacances ce soir et que je vais aller m’empresser de contempler les nouvelles bagnoles pour voir celles que j’aurais pu acheter si je n’étais pas mort dans d’atroce souffrance et la pauvreté de l'argent dette que nos gouvernements nous vomissent depuis des décennies.

D’ailleurs, comment pensez-vous que cette fin du monde va se passer ? Déjà j’espère que les socialistes souffriront autant que moi. Pensez-vous que nous aurons droit à un grand Armageddon, comme dans le film, avec un gigantesque astéroïde qui va nous tomber dans la gueule ? Aurons-nous droit aux plaies d’Egypte –genre des grenouilles, des ulcères, la mort des troupeaux, la grêle ou encore les ténèbres? Serons-nous ravagés par un tremblement de terre? Le débarquement des martiens ? Un bug géant technologique ? Une attaque de cylons ? Nibiru va-t-il nous tomber dessus ? Une guerre nucléaire ? Des vents solaires ? Le changement de polarité des pôles ? Une déclaration de Ségolène ? Une pandémie ? Le retour de Jésus Christ ? une ultime augmentation de taxes sociales ? Des hordes de barbares qui ratissent tout sur leur passage comme par exemple le premier jour des soldes aux galeries Lafayette ? Ou encore un sketch d’Arthur diffusé sur tous les canaux télés du globe, y compris en Iran et en Corée du Nord ?

J’aimerais bien savoir comment je vais finir mes jours maintenant que je connais la date. 

Bon…, déjà je vais aller donner de l’eau à mes plantes. Du concret donc. Elles méritent de voir le dernier jour de l’humanité en bonne humidité – pour qu’elles voient la vie en arrose (notez mon humour ravageur, cela n’arrive pas tous les jours quand même). J’aurais aussi pu devenir musulman pratiquant ou juif convaincu, mais j’aime trop le porc (et son jambon), et prier ce n’est pas mon truc (pour me faire prier par contre, ça je suis bon !). Je ne m’étendrais pas non plus sur l’opportunité de discuter de l’aboutissement de ma vie, puisque je sais où elle finira à une ou deux tombes près.

Et si... nous survivions? Je crois que je ne verrai plus le monde pareil. Qu’est-ce que nous pourrions faire de ce désastre ? N’est-ce pas un signe cosmique que le facteur X nous envoie à travers les siècles d’une société sur le point de s’effondrer dans une autre et qui ne sera certainement pas mieux en point ?

Et si… nous utilisions les milliards que nous avons trouvé pour sauver les banques pour résoudre la faim dans le monde, trouver un remède au sida, offrir un toit à tout le monde. Et si nous recommencions tout à zéro ?

Évidemment, la fin du monde ne se passera pas comme ça. Au pire nous finirons irradiés par notre connerie collective, notre incapacité à penser notre société ensemble, mais bon, ne le disons pas trop fort, et croyons que nous ne croyons en rien. 
Voyions plutôt ce monde, non pas avec des lignes qui séparent les pays, mais comme une immense famille à nourrir et à aimer ? Je vous le redis, ce monde manque d’amour et souffre d’un large excès de cupidité. Je crois même -et c'est cela qui est terrible- que l’amour peut sauver le monde.


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