jeudi 25 avril 2013

Hollande, nouveau Louis XVI?




Si on met de côté le fait qu’en 1788, il s’agissait encore d’une monarchie, même si elle avait déjà quelques plombs dans l’aile, il n’est pas inutile de tenter de découvrir si un rapprochement est possible entre notre situation de 2013, et celle de l’époque de Louis XVI.

Si on regarde attentivement la situation qui était celle qui précédait la révolution de 1789, on ne peut que constater les nombreuses convergences qu’il y a entre cette époque et la nôtre.

2 siècles avant le grand chambardement du 14 juillet, avec son point final à la Bastille, force est de constater que les souverains qui se sont succédés ont été largement dépensiers, et quand Louis XVI arrive au pouvoir, les caisses sont vides. Tout comme elles le sont aujourd’hui…

Il faut avouer que les prédécesseurs de Louis XVI, depuis François 1er s’y étaient largement employés, (lien), et Louis XIV n’avait guère fait mieux, (lien), justifiant cette gabegie par la volonté de donner au pays l’image d’une grande puissance, quitte à se voir affublé d'une réputation de grand dépensier. Tout comme aujourd’hui…

En effet, si l’on regarde la politique menée par le prédécesseur de François HOLLANDE, il est difficile d’ignorer que la bonne gestion de l’économie d’un pays, en temps de crise, n’a pas été la préoccupation majeure de Nicolas SARKOZY.

Personne n’a oublié les fastes du régime sarkoziste, avec un « sommet de la Méditerranée  » qui a franchi effectivement des sommets, (lien), … mais qui se souvient que le chef de l’état à vendu l’or de la Banque de France? (lien)... bradant en plus à tout va les propriétés de l’Etat…

En effet cette vente d’or n’a pas été si opportune puisqu’à l’époque sa valeur était relativement modeste, et que depuis son cours a bien grimpé. Il est évident que l’Etat a fait à cette époque une bien mauvaise opération et on ne peut que s’interroger sur les compétences d’un homme qui avait été ministre de l’économie. Au moment ou l’or a été vendu, sa cote était à 23 214 € le kg et elle est aujourd’hui à 35 120 € le kg (lien). Le pays a donc perdu  12 000 € par kilo, soit une perte sèche de 672 millions d’euros pour les 56 tonnes vendues. Quant aux propriétés de l’état, la liste de ce qui a été bradé par le chef de l’état précédent est sur ce (lien).

Même dans le domaine météorologique on peut trouver des convergences : l’année 1788 avait été très humide, faisant suite à une importante sècheresse, et l’hiver 1788 avait été très rigoureux, (tout comme celui de 2013) ce qui avait entrainé une pénurie alimentaire, et une augmentation exponentielle des prix (lien) Tout comme aujourd’hui…

Les français ont pu constater que le prix de la baguette de pain devenait de plus en plus chère, et cette progression, que l’on peut appliquer à l’ensemble de nos produits de consommation, est loin d’être terminée (lien). A l’époque de Louis XVI, le pain, et pas seulement lui, (lien), avait fait un bond considérable, et on se souvient que Marie Antoinette avait rétorqué à la population qui réclamait du pain « qu’ils mangent de la brioche  ! », prouvant qu’elle était assez éloignée des réalités de son peuple (lien).

Aujourd’hui, la même question se pose : nos dirigeants ont-ils conscience de la souffrance du peuple dont ils ont la responsabilité ? Car, en 1788, tout comme aujourd’hui, le pays était en crise. Il était dans un état d’insolvabilité : on sait que le seuil à ne pas dépasser au sujet du niveau de la dette est de 88%. Au-delà de celui-ci, l’état ne fait plus que rembourser les intérêts de la dette, dette qui va bientôt atteindre les 1700 milliards, coutant 50 milliards d’euros par an, et représentant 4 fois le budget annuel de l’état (lien). Or aujourd’hui nous avons atteint 92% de dette.

Quand SARKOZY est arrivé aux affaires, en 1993, Ministre du budget de BALLADUR, la dette de l’état était de 35% du PIB et elle n’a cessé d’augmenter depuis cette date (lien). Comme l’écrit dans son ouvrage l’historien Patrice GUENIFFEY, auteur de « l’histoire de la révolution et de l’empire  », « depuis plus de 2 siècle, on emprunte. On vit à crédit, on distribue des rentes (…) aux rentiers de plus en plus nombreux (…) les privilèges s’accumulent, l’Etat ne met la main que sur une petite partie des richesses aux mains des nobles et du clergé », ce qui n’est pas sans nous rappeler la situation actuelle.

Idem pour la natalité : malgré les 2 guerres du début du siècle précédent, notre taux de mortalité n’a cessé de baisser, tout comme au sortir des guerres impériales, mais dès 1815 on notait une baisse de la natalité, la même baisse que l’on a connu récemment (lien). Les convergences ne s’arrêtent pas là…

Devant la situation quasi inextricable que rencontre Louis XVI, il va renvoyer NECKER, le seul qui pouvait éviter la banqueroute, perdant ainsi l’appui des derniers bastions français qui lui faisaient encore un peu confiance.

Pourtant, tout comme HOLLANDE, le souverain ne veut rien céder, mais lorsque l’on se trouve dans un système fort, que ce soit en monarchie, ou en 5ème république, il ne faut pas être faible, car si cette république allait comme un gant à un DE GAULLE, il n’en va pas de même pour l’actuel président.

Du coup, le nombre des déçus, dans le rang même de la gauche, augmente de jours en jours, constatant qu’il a fallu une année, pour faire aboutir l’une des 66 promesses qu’il avait fait au Bourget : le mariage pour tous. A ce rythme, mathématiquement, il faudrait encore 65 années au candidat devenu président pour parvenir à en accomplir la totalité. D’autant que cette mesure, autant louable et nécessaire soit-elle, n’était pas une priorité. La priorité pour les français c’est encore et toujours le chômage, le pouvoir d’achat.

Or l’augmentation des taxes, le plus inéquitable des impôts, n’est pas de nature à faire progresser le pouvoir d’achat, bien au contraire, plongeant le pays un peu plus dans la récession.

Les français n’ont pas oublié que le candidat HOLANDE avait promis de faire construire 500 000 logements par an…à ce jour le bilan est plutôt maigre (lien). Pourtant cela aurait pu relancer les emplois dans le bâtiment…

Ils n’ont pas oublié non plus la promesse de la transition énergétique, qui elle aussi est génératrice d’emplois, ainsi que l’on peut le constater chez notre voisin d’outre Rhin. Une étude réalisée en 2003 avançait que la création d’emplois nouveaux générés par le développement des énergies propres pourrait se monter en Europe à 1,443 millions, compte tenu des pertes d’emplois dans les domaines des énergies traditionnelles (lien). En Allemagne, dès 2009, 350 000 emplois avaient été créés grâce aux énergies propres et renouvelables (lien), mais en France pour la seule centrale nucléaire, celle de Fessenheim, qui devait fermer immédiatement, et dont la fermeture est reportée à une date ultérieure, 20 millions d’euros ont été investis pour réparer la vieille centrale alsacienne (lien). Et puis, en visant l’indépendance énergétique, l’état limiterait sa dépendance d’avec le pétrole, et en tournant la page nucléaire, il ne prendrait pas le risque d’un accident majeur, lequel, on le sait, pourrait coûter jusqu’à 430 milliards, voire au-delà (lien)... La transition énergétique passant entre autres par une meilleure isolation de l’habitat permettrait, d’après les experts, de créer 600 000 emplois (lien). Au total plus d’un million d’emploi trouvés…au moment où le pays compte plus de 3 millions de chômeurs, ce n’est pas négligeable.

Et quid des 30 milliards qu’HOLLANDE s’apprête à jeter par la fenêtre pour l’inutile projet ferroviaire Lyon Turin (lien)? ... alors qu’un projet alternatif permettrait d’économiser quelques milliards et d’assurer la création d’emplois pérennes.

Depuis l’affaire CAHUZAC, HOLLANDE ne semble plus être capable d’agir, mais seulement de réagir, comme le témoigne le pacte de moralité qu’il entend lancer, obligeant les députés et sénateurs à dévoiler leur patrimoine…malgré le manque d’enthousiasme que soulève ce projet dans son propre camp.

Gouverner c’est prévoir, dit l’adage…pouvait-il prévoir que celui-là même qui était chargé de traquer la fraude fiscale était un délinquant notoire en la matière ?

Et plutôt que de se lancer dans une opération de « transparence », ne serait-il pas plus efficace de traquer les fraudeurs, d’autant que l’état en a la liste ?

Ne serait-il pas plus rentable de réclamer aux entreprises qui délocalisent, de rembourser les subventions d’état qu’elles ont reçu ?

C’était pourtant l’une des promesses électorales du candidat HOLLANDE.

Comment cela va-t-il finir ? Pas très bien peut être…

Une seule certitude, l’échafaud a été mis au placard…mais en se trompant de priorités, HOLLANDE prend le risque de couler son propre parti, faisant la part belle aux populistes d’extrême droite. Comme dit mon vieil ami africain : « on ne peut pas à la fois se serrer la ceinture, et baisser son froc  ».

Paris XIVe, 25 avril 2013

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