lundi 17 juin 2013

J'ai composé l'épreuve de Philo - Que devons-nous à l'Etat?




Sujet : "Que devons-nous à l'Etat?"

Voilà un sujet qui m’aurait particulièrement plu et auquel j’aurais volontiers pu répondre sur plusieurs pages. Déjà pour commencer, j’aurais évité les classiques pièges comme parler de concepts communs et banals tels que d'évoquer les amendes et les taxes à payer. Je me serais aussi abstenu de mélanger le gouvernement et l'Etat et enfin d’amalgamer le droit, qui n’est pas le sujet ici, et le devoir du citoyen.

Plan

0/        Intro 

La question nous interroge sur la relation que nous devons avoir avec l’Etat. Elle prend donc un sens politique : Nous sommes des individus privés soumis à des principes dictés par l'Etat et auxquels nous devons nous soumettre. De la même manière que nous sommes des citoyens qui aidons collectivement ce même état à élaborer ses lois de telle sorte qu’il puisse être « souverain ». C’est le principe de la démocratie.

Comme le rappelle le philosophe WEBER, l'Etat est le pouvoir supérieur qui détient les clefs du législatif, du judiciaire et de l’exécutif : Il a le monopole de la violence légitime qui lui permet de recourir à la force pour faire appliquer ses principes pour servir l’intérêt collectif et garantir les libertés individuelles.

Alors « que doit le citoyen » ? La question paraît invraisemblable car il est souvent question des « droits de l'homme et du citoyen » qui met plutôt en rapport ce qu’un individu peut demander à l'Etat en terme d’éducation, de sécurité, de droits sociaux, d’infrastructure ou d’éducation à la manière du concept « d’état providence ». Or il est bon de rappeler qu’il ne peut y avoir de droits dans un pays sans sa propre contrepartie: les obligations parmi lesquelles le pays ne saurait exister.

Et par extension de se rappeler et de se questionner sur le fondement et le mode d’organisation de l'Etat qui appelle à faire appliquer des devoirs civiques en plus du seul seuil de l’obéissance qui suffit à une tyrannie.

1          Nous devons obéissance aux principes de l'Etat. 

Par la contrainte, nous devons nous soumettre et obéir aux règlements qui permettent de garantir le maintien de l'ordre dans le Pays car nous sommes tous asservis à la loi.

Nous devons honorer l'Etat et ses plénipotentiaires. Toute tentative d’offensive envers un représentant de l’Etat doit être réprimandée car il s’agit par extension d’une attaque symbolique envers l'Etat.

Nous devons participer au financement par une contribution. Nous y sommes contraints et en cas de désobéissance, l'Etat peut recourir à la force légale. Dans son livre, le LEVIATHAN, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d'une république ecclésiastique et civile, le philosophe HOBBES explique son concept d'Etat pluripotente autoritaire à qui nous devons une servitude absolue, garantissant l'ordre et la paix civile. De la même manière, nous devons aujourd’hui obéissance entière à l'Etat  et renoncer à nos libertés naturelles sans contrepartie pour le Pays qui nous doit peut être de nous épargner de la guerre civile et le concept premier du tous contre tous (Etat de nature).

2.         Nous devons servir l'Etat 

En tant que peuple souverain, nous sommes aussi à l’origine des règlements qui régissent notre pays. Nous participons à l’élaboration de la loi et constituons par la même occasion une partie de « l’Etat », du moins dans une démocratie.

Les devoirs civiques (recours au vote, organisation régulière d’élection, paiement de contributions à l'Etat  organisation de la défense ...) sont des garants invariables des Etats dit « libres » et contrôlés par leur peuple.

Nous devrions, à la limite, sacrifier notre vie si le Pays est en danger. Ce concept peut paraitre étonnant aujourd’hui mais il prenait tout son sens du temps des armées révolutionnaires constituées à la suite de la révolution lorsque la France était menacée par des pays étrangers.

Ces obligations laissent aussi penser, non à Etat totalitaire comme décrit dans le  LEVIATHAN, mais à un Etat fondé sur le modèle du « contrat social » décrit par le philosophe ROUSSEAU. En d’autres termes, les individus ont des obligations et des droits entre eux et chacun s’engage à concourir de telle sorte que l’état soit légitime et reconnu.

3.         La forme que prend l'Etat dépend de nos devoirs 

Si nous ne devons que servitude, nous évoluerons dans un Etat tyrannique, où le Pays n'a que des droits et l’individu que des obligations. Tout est dû au Pays qui ne nous doit rien.

Un Etat légitimé par son peuple (démocratie) se base sur la définition première du  contrat social: l'Etat a des obligations envers son peuple qui lui-même lui est tributaire. Dans ce modèle, le « souverain » est le peuple et non un monarque absolu comme le rappelle une citation de Louis XVI devenue célèbre: « L’Etat c’est moi ».


Néanmoins, la théorie du contrat social peut être discutée: pour que l'Etat xiste et puisse nous garantir des biens et des services, il faut que son peuple lui laisse le « monopole de la violence légitime ». De la même manière que le Peuple devra céder à ses libertés naturelles. De plus, l'Etat démocratique ne présage-t-il pas l'établissement préalable d'un LEVIATHAN?

La soumission incontestée semble bien être la première obligation qui rend possible l'Etat-même. Ensuite viennent les autres droits et devoirs... Ce qui appelle à se poser la question si le droit d’un Pays est la base de la force de l'Etat  ou si c'est la force qui fonde le droit avec pour conséquence le devoir d'obéissance à la base des droits exigibles par la suite.

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A illustrer d'exemples
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