vendredi 26 juillet 2013

Une atmosphère étouffante


Pour partir en vacances, j’ai dû emprunter l’autoroute. J’ai payé mon péage – les infrastructures ayant été construites avec l’argent des Français de plusieurs générations et désormais privatisées pour engraisser quelques intérêts privés. J’ai évité – enfin je crois – les radars en utilisant mon limiteur de vitesse fixé à 133 km. 

J’ai payé mon plein et mon gasoil avec toutes les taxes qui vont avec. Je me suis arrêté toutes les deux heures pour éviter de m’endormir au volant. Je n’ai pas bu, ni fumé du cannabis avant de prendre la route. J’ai mon assurance et mon permis de conduire est encore valide. J’ai mon gilet jaune. J’ai mon triangle de signalisation. J’ai un brumisateur pour la chaleur… des couvertures pour l’hiver. J’ai même deux éthylotests qui devaient devenir obligatoires et qui ne le sont plus!

Mais cela ne suffit pas. Non, il faut nous emmerder le plus possible. Donc Manu, le sinistre de l’Intérieur, a décidé qu’il allait falloir encore baisser la vitesse autorisée… mais c’est pour not’bien, vu que moins on roule vite moins on consomme… D’un autre côté, on doit rouler plus longtemps, ce qui augmente les risques vu qu’on passe plus de temps sur la route… D’où mon idée géniale de vouloir arriver toujours le plus vite possible – non c’est une blague, on n’a pas le droit de faire l’apologie de l’accident de la route et de la vitesse. D’ailleurs, de nos jours, on parle de « violence routière », de « délinquance de la route »… 

La France est devenue étouffante 
Voilà, je trouve que ce qui se développe de plus en plus dans notre pays, et à tous les niveaux, est une atmosphère étouffante où tout – absolument tout – est réglementé, légiféré, organisé, codifié et normalisé. Une atmosphère où finalement plus rien ou plus grand-chose n’est possible sans devoir affronter la complexité des lois et les coûts que cela engendre.

Il ne faut pas s’y tromper. Cette ambiance générale et délétère a des conséquences monumentales sur plusieurs aspects très importants. Cela freine toute initiative économique. Cela freine le dynamisme global de notre population. Cela attaque le « moral » des Français. Cela freine les investissements étrangers. Cela contribue à l’entretien d’un État obèse qui a besoin de plus en plus de fonctionnaires pour s’occuper de choses parfaitement inutiles, comme de policiers pour contrôler le dangereux fumeur du Square de la poupée qui tousse à Trifouillis-les-Oies. Il faudra trois magistrats pour juger ce dangereux criminel. Cinq greffiers pour taper à la machine (à l’ordinateur pardon) le jugement rendu. Un huissier de justice pour le « signifier ». Une prison pour héberger temporairement ce décidément très dangereux récidiviste. Bref, tout cela coûte énormément à la société.

Nous sommes devenus fous
Nous rentrons dans une société de paradoxes d’où tout bon sens est parti… Il en reste encore un peu certes, mais finalement il est en voie de disparition. Une société qui n’a jamais été aussi violente et pourtant aussi restrictive. Une société où tout est pénalisé ou presque et où pourtant 75% des peines de prison fermes de moins de 6 mois ne sont pas exécutées faute de place. Une société de caméras, de drones et d’hélicoptères de surveillance… qui n’empêchent pas les émeutes – pardon on dit « échauffourées » en novlangue. Une société où l’on vous impose les façons légales de mourir, où l’on encadre « la fin de vie » et la vie toute entière… mais où l’on ne fait rien pour lutter contre les 200 000 tentatives de suicides annuelles provoquant la mort de 11 000 de nos concitoyens… chaque année, soit presque cinq fois plus que les victimes de la route. Il est vrai qu’il est difficile de taxer le suicide. 

Une société où l’on se ment, où l’on nous ment en permanence et sur tous les sujets. Une société où une maman (de gauche, c'est-à-dire pour le progrès) m’a expliqué quand même qu’elle n’arrivait pas à expliquer à son gamin de 3 ans « comment faire les bébés » alors que lui expliquer que deux hommes pouvaient s’aimer ne lui posait pas de problème… Elle sentait bien elle-même qu’il y avait un problème – le problème n’étant pas que deux hommes ou deux femmes puissent s’aimer.

Alors oui, nous sommes devenus fous. Nous nous intéressons à l’anodin et jamais à l’essentiel. Nous n’avons plus de projet de société. Nous n’intégrons plus, nous sommes tous devenus communautariste. Tout est communauté. Les communautés religieuses certes, mais cela va bien au-delà. Toute la société, notre société, est fragmentée en groupes, groupes qui servent de base uniquement à la segmentation marketing.

Nous massacrons notre propre langue, notre éducation et nos écoles. Nous massacrons notre jeunesse, nous massacrons notre économie, nos lois et notre justice. Nous passons des lois que nous n’appliquons pas dans les faits. Nous faisons des normes pour tout… et pourtant nous ne contrôlons rien alors que 80% des produits qui arrivent de Chine chez nous ne sont pas conformes…

La liberté ne se divise pas !
Et c’est un point essentiel. La liberté a un corollaire. Celui des abus de la liberté. Ne vous méprenez pas au sujet de mes propos. Je ne suis pas pour le laxisme. Je dis simplement que la notion de mort évitable, que le concept de délinquance zéro, que l'idée de sécurité totale sont des leurres qui ne peuvent conduire qu’à une société ultra étouffante, sans liberté si ce n’est celle de consommer et même plus celle d’entreprendre, de réfléchir et de créer… et qui, malgré tous ces inconvénients, ne vous apportera jamais la sécurité que vous souhaitez.

Pour paraphraser Churchill, qui avait déclaré à propos des accords de « Munich » que l’on avait « préféré l’humiliation à la guerre et que nous aurions l’humiliation et la guerre », nous avons préféré le risque zéro à la liberté, nous aurons le risque et l’absence de liberté !

Oui cette société est étouffante, et la meilleure chose que ce gouvernement et les autres auraient à faire est de redonner l’initiative au peuple. Laissez faire les gens. 

Que l’État assure ses tâches régaliennes – dont la sécurité et la stabilité fiscale – et qu’il laisse faire les gens, qu’il laisse le peuple se débrouiller, car le peuple est capable de déployer des trésors d’ingéniosité et d’inventivité !

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