vendredi 23 août 2013

Allô les folles ! John GALLIANO est de retour !


Fils de parents immigrés italien et espagnol très modestes, aujourd’hui… enfant gâté, sinon pourri, se jugeant très certainement irremplaçable, narcissique et haineux, GALLIANO personnifie à lui tout seul, l’arrogance et le mépris chronique d’une classe et d’une société - microscopiques certes mais n'empêche ! -, de parvenus aux yeux desquels l’argent et la célébrité sont les deux seuls étalons de mesure de la valeur d’un être humain quel qu’il soit.

Autant, je ne connais pas les grandeurs dans l’univers de la mode, à peine les tailles mais GALLIANO, c’est à coup sûr une pointure. Gourou chez Dior, roi (et reine, ne soyons pas sexistes) des nuits parisiennes, ce missile de la hot couture a été descendu en plein vol par lui-même ce jour de février 2011 où, pris de boisson et de narcotiques, il apostropha une dame dans un bistrot du Marais avec des propos trop ignobles pour être reproduits ici — pour le verbatim, vous avez YouTube — mais où il exprime une entière adhésion à la personne et aux solutions raciales d’un chancelier allemand bien connu.

Le dandy surdoué, surbranché, tapetto-charismatique et hautement dollarogène a eu droit au purgatoire. Deux ans et demi avant que Vanity Fair, le magazine qui arbitre les élégances de la supra-société du spectacle, lui ouvre ses colonnes! « C’est la première interview sobre que j’aie jamais donnée », annonce-t-il en ouverture de son acte de contrition. A la différence de vous et moi quand nous soufflons dans l’éthylotest des flics, ses surdoses à lui — surdoses d’artiste! — sont des circonstances atténuantes. Et le voici en double page, avec sa crinière blonde, penché sur une cascade dans une composition romantique léchée. Nul doute qu’avec une opération si étudiée, nous allons bientôt te revoir défiler.

Le cas reste emblématique. GALLIANO était l’un des grands chorégraphes du papillonnage mondial, mélangeant les races, les sexes, les cultures et les styles dans un copinage universel où « jouir » était le seul mot d’ordre. Bref, le moins suspect de racisme. Et puis, soudain, cette éructation… Certes, il était drogué. Mais les drogues, souvent, ne font qu’abolir les inhibitions. Que pensait-il réellement de ses semblables, ce petit hispano de Gibraltar soudain précipité dans le grand monde ? Mais, au fond, qui s’en fout ? Tout le monde !

Les déguisements baroques de GALLIANO m’ont donné une idée. Réhabilitons le carnaval ! Revenons aux sources de cette bacchanale où, pour un moment, tout était permis et tous étaient égaux. Coupons les réseaux, éteignons les caméras et décrétons trois jours de liberté d’expression réelle (et non cette abstraction qu’on met dans des constitutions que personne ne respecte). Et laissons chacun dire à tout le monde son fait. Clamer avec Baudelaire qu’en Belgique « il y a des femelles,  pas de femmes ». Avec Desproges que « les Grecs s’appellent aussi Hellènes : c’est dire à quel point ils sont pédés ». Avec Daudet que les députés sont des « larves parlementaires ». Traiter les gens de couleur de Nègres et les J*** de @!?##!->%. Dire que la religion d’_____ est une religion de _____. (Tiens, même mon clavier refuse d’entrer certains mots; mais vous compléterez aisément le catalogue, je vous connais !)

Au quatrième jour, le net serait rétabli, les cravates renouées, les balais réenfilés dans les culs et l’on pourrait reprendre les conversations sur le mode inauguré jadis de l’autre côté du Rideau de Fer:
« Entre nous, camarade », demande un policier est-allemand son collègue, « que penses-tu du régime ?
— La même chose que toi.
— Alors, je regrette, Camarade : je suis obligé de t’arrêter ! »

France, la grande Fraônce, est foutue!


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