mercredi 21 août 2013

Phylogénie de la "race" française



De fil en aiguille, on finit alors par se rendre compte que de grands standards émergent dans les caractères des gens qui fournissent matière à réflexion. Ne reculant devant rien, j’ai tenté l’analyse de l’analyse, la métanalyse en quelque sorte, pour dégager une petite typologie de la taxinomie du citoyen …
La métanalyse aura donc porté sur les différents énergumènes qui se dégagent de l’actualité passée au prisme d’un libéral capitaliste que je suis en haut de forme et mangeur de petits enfants.
Quelques grands classiques tout d’abord reviennent de façon régulière, portés tant par l’actualité que par leur omniprésence dans les schémas de comportements de notre société ; se positionne ainsi en bonne place le Gréviculteur, qu’il soit un petit artisan travaillant la masse salariale au corps à corps dans de multiples entreprises, niché au creux de petits C.E. d’entreprises nationalisées, ou industriel de la grève d’ampleur, multirémunéré par un ou des syndicats pour organiser des merguez-parties géantes sur les plus belles avenues de Fraônce.
La tendance du moment est, assez extraordinairement, à la disparition progressive de cette espèce animale assez basique qui s’excite à chaque retournement de tendance et qui, il faut bien le dire, représentait une anomalie notoire dans le règne animal tant son adaptation à l’environnement était simpliste : là où l’évolution darwinienne aura placé l’adaptabilité en parangon, le Gréviculteur se fait fort de ne pas être adaptable, en rien, envers et contre tout. Mais la sélection naturelle est impitoyable et le monde qui change sans cesse ne peut se satisfaire des ancrages puissants que représentent ces fiers thuriféraires de l’akissocial. Un beau matin, pouf, ça finit par passer, casser, lasser. J’accorderai cependant qu’avant d’en arriver là, et comme la diphtérie, la variole ou le choléra, ils nous auront bien pété les glawis.
Evacuons bien vite cette triste phalanstère pour se rapprocher de la branche suivante de ma taxinomie, beaucoup plus lumineuse, brillante même, comme le sont les strass et les paillettes. A l’instar des cotillons dont le côté festif n’arrive pas à occulter l’aspect superficiel, le Bobo Caramélisé se caractérise par une envie chevillée au corps de faire le bien autour de lui, surtout si cela représente un effort important de la part de cet « autour », tout en conservant pour lui des habitudes parfaitement en opposition avec les valeurs qu’il prône. Ainsi, le Bobo Caramélisé se fait fort d’adorer tendrement le Vélib et les transports collectifs, juché dans un 4×4 flambant neuf. Il sera toujours bruyamment pour une écologie citoyenne, même et surtout si cela entraîne des catastrophes humanitaires loin de lui. Alertés de ces catastrophes, il s’empressera alors d’envoyer un petit chèque, étalon-papier de sa bonne conscience et contre-marque (opposable fiscalement) d’une action concrête pour aider les gens dans la merde au bout du monde.
Le Bobo Caramélisé, c’est à la fois le clown triste des soirées télévisées, toujours entre deux cures de désintox, pleurnichant le monde et ses malheurs sur un piano moyennant quelques millions ; c’est à la fois l’aventurier chevelu des contrées bio et terriblement fashion qui réclame des éoliennes, des voitures à pédale, et des taxes sur tout ce qui respire ; c’est aussi l’artiste-sportif engagé qui répète comme des mantras puissants des poncifs éculés aux fondements absurdes et utilise son aura de rigolo à la décontraction millionnaire pour faire croire que Tous Ensemble, On Peut Y Arriver…
Entendons nous bien : ces deux précédentes catégories, finalement, sont assez réservées. De même qu’on ne s’improvise pas merguez-teuffeur, on ne peut prétendre fustiger du prolo pas assez bio du haut de son Touareg pas bio du tout qu’à partir d’une certaine position sociale, qu’on aura obtenu à force de petits coups de coudes furtifs et bien placés dans les côtes de ses coréligionnaires dont on écrasera autant que faire se peut les arpions dès qu’on le pourra.
Les catégories suivantes sont, on va le voir, beaucoup moins « select » : quasiment, le tout venant peut en faire partie. Il suffit de se débarasser de toute capacité de réflexion, ou du moins d’orienter celle-ci vers le chemin de moindre résistance, ce profond sillon confortable, tracé par tous ceux qui se sont succédés avant dans les traces larges de la sociale-démocrassie.
Loin devant toutes les autres classes par son ampleur numérique ressort évidemment le Fluffy qui, je vous le rappelle, est un animal doux au toucher, issu de la culture socialo-hydroponique (et n’a donc jamais eu les pieds sur terre), croustillant d’incohérence, trempé dans du caramel de Bonssantiman et recouvert d’une onctueuse nappe de chocolat moraliné. On trouve de multiples parfums dans cette vaste classe, et ce petit billet sera l’occasion d’évoquer rapidement le Poncho , qui est à l’étudiant ce que la larve est à la chenille de papillon : un ver d’adulte, pas fini et jamais sûr de l’être un jour.
Le Poncho est, comme son nom l’indique, utilisateur des pièces d’étoffes colorées aux histoires bigarrées de Cordillère, aux cheveux longs, généralement recouverts d’un petit bonnet lui aussi chargé d’un passé plus coloré que péruvien, et toujours prêt à dégainer quelque splif mal fichu mieux approvisionné en pneu qu’en chanvre. Sur le plan social, il se caractérise par une adhésion sans faille à toutes les thèses romantiques, dont celles qui veulent que le Che fut sympa, Fidel débonnaire et Allende efficace. Pour les Ponchos, le socialisme est une doctrine merveilleuse (pas autant que le communisme, mais presque) honteusement dévoyée par des dictateurs parce qu’en réalité, le collectivisme, c’est trop de la balle, man.
Le Poncho est aussi cet « étudiant » (importance des guillemets) qu’on va toujours retrouver dans les « Assemblées Générales » (importance des guillemets) lors de « grèves » (importance …) étudiantes « démocratiques » (…) et blocages d’amphis visant à organiser une « Université En Lutte ». Le Poncho, porte-voix à la main, scandera dans les amphis des slogans rigoureusement marxistes voire fascistes (sans le savoir), fera usage de la force pour empêcher toute voix dissidente de prendre la parole.
C’est le même qui décrètera qu’une poignée de pouilleux, auto-déclarée Assemblée et Générale, dans une salle barricadée agitant le bras bien haut (comme jadis de tristes soldats sous de sinistres symboles) pour soi-disant voter, fait acte démocratique d’expression populaire et peut, dès lors, ruiner l’année de travail de leurs condisciples qui, non ponchotisés, ont autre chose à faire que le guignol en « Histoire de l’Art ».
Cette taxinomie rapide (qui ne sera jamais réellement complète) serait par trop boiteuse sans les deux derniers ajouts que constituent le Folliculaire Ednatisé et le Politicus Consensuelens.
Le premier, on l’aura deviné, se retrouve facilement dans les journaux, télévisés, radiophoniques ou sur papier, et au-delà de ses dons de copistes naturel en feed AFP, il se caractérise par une faible valeur ajoutée dans l’analyse au paragraphe carré. Ainsi, une nouvelle AFP fournissant déjà à la fois l’information et l’axe de réflexion qu’on peut lui associer, le Folliculaire Ednatisé se contentera de la recopier consciencieusement en y ajoutant ici une virgule, là un petit point d’exclamation, et, parfois, une tournure bizarre ou une faute d’orthographe, seule réelle marque personnelle d’un travail douillettement mené au chaud d’une rédaction sans agitation.
Quant au second, sans même évoquer les innombrables variantes possibles, on se contentera de rappeler que l’espèce borloouille et la gringolisée sont les plus fréquentes, au plus grand désarroi du libéral conscient. Le borloouille moyen est un activiste de la bêtise sous-informée, gobeur invétéré de petits-fours cérémoniel, dont les agitations médiatiques se traduisent systématiquement par des remugles vasouillards d’idées nauséabondes suffisamment étalées pour n’en point sentir le fumet désagréable. Le Politicus Consensuelens gringolisé est ce falot tatillon qui saura passer le temps qu’il faut en cirage de pompes et en léchages de fondements pour obtenir, éventuellement par le truchement d’un lobbying un peu gras, une petite loi de derrière les fagots aboutissant immanquablement à léser à court terme le citoyen dont il a la charge, et, plus niaisement et à plus long terme, les lobbys qui lui ont graissé les pattes ; notre ex-ministre de la Culture, Donnedieu d’El Gringo en fut l’illustre représentant, mais force est de constater qu’avec des Filippetti, le vivier animal n’est pas prêt de s’épuiser.
Pour le libéral moyen, cette taxinomie a une utilité en ce qu’elle permet de dégager quelques grandes constantes : c’est que la plupart de ceux qui votent pour l’esclavagisme mental ou physique du collectivisme le font pour :
  • leur bonne conscience, partant du principe foireux qu’ »un autre monde est possible », et que bisounoursland l’est pour tous: on va partager équitablement-youpi : ils en sont assez symptomatiquement restés à la dichotomie naïve Droite = Patrons = Exploiteurs d’un côté et Gauche = Ouvriers = Exploités de l’autre. Ceux-là vivent dans un monde irréel fait de contrastes violents. Généralement, avec ceux-là, la discussion est impossible. Ils n’ont pas le recul nécessaire. La maturité, le recul, l’intelligence : ils ne sont pas équipés pour.
  • leur intérêt bien compris : ils sont dans la partie qui tire directement bénéfice de l’état ; parasites syndicalistes, cette petite partie des fonctionnaires qui sont glandeurs, hommes et femmes politiques (à peu près tous), et hommes de l’appareil, élus ou non, qui bénéficient du système en toute connaissance de cause, et en connaissent exactement les limites et les effets néfastes. Ceux-là sont totalement hypocrites et/ou cyniques. Les hypocrites présentent une face « On sert tout le monde » et se servent en premier ; quant aux cyniques, ils savent qu’ils font tourner le Léviathan, savent que c’est maâââal, mais se disent que s’ils ne le font pas, d’autres le feront à leur place, et continuent donc à voter à gauche par logique de groupe. Ces derniers sont surtout opportunistes, et – donc – logiques.
  • un idéalisme indécrottable : ils croient à ce qu’ils racontent (!) et veulent effectivement la révolution. On les retrouve dans les extrêmes. Mais ils ne comprennent absolument rien à la nature humaine ou à l’économie (bien que s’y plongeant parfois comme les enfants dans le petit bassin, avec des petites bouées Mickey à chaque bras, mal gonflées) et en font une lecture absurde.
C’est parfois dans ce dernier groupe qu’on peut en convertir au libéralisme, tant que ce mot n’est pas prononcé. Ceux-là, incroyablement, veulent effectivement la liberté de se déplacer (plus de frontières), la liberté de commercer, etc… Ils ne comprennent pas les conséquences que ces libertés entraînent sur la taille de l’état, sur les limites que le citoyen (pas forcément festif) est en droit de lui imposer… Parfois, une explication leur permet de déciller, d’ouvrir les yeux sur un monde qu’ils ne soupçonnaient pas.
Mais ceux-là constituent – malheureusement – une minorité.

Paris XII - 21-août-2013

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