jeudi 22 août 2013

Tu veux faire la fête à Paris? eh bien pète un clown


 
La crotte chaude, ça fouette. Jugez plutôt : dans le cadre de ses état généraux de la nuit (oui oui, ça existe, vos impôts payent ce truc, tout va bien, respirez), la ville de Paris a rassemblé avec des professionnels de la nuit des gens pertinents comme des sociologues pour comprendre pourquoi diable c’est-y-donc que les folles nuits parisiennes on s’y endort de plus en plus ? Et quand je dis pertinent, je pèse mes mots :
La psychosociologue Catherine Espinasse, spécialiste des mobilités nocturnes, le philosophe Sébastien Marot, le président de SOS Racisme Dominique Sopo, le médecin urgentiste Patrick Pelloux qui évoquera les conditions de vie des travailleurs de nuit, participeront aux ateliers, ainsi que Bruno Blanckaert, président de la Chambre syndicale des cabarets et discothèques.
Une psychosociologue spécialiste des mobilités noctures. Un philosophe !
Un censeur officiel d’une association antiraciste ! Les mots me manquent pour décrire la violence de la pertinence de la question !

En tout cas, la question de la baisse de branchitude de Paris taraude l’homo festivus qui ne sommeille absolument pas chez Bertrand Delanoë, et qui voit surtout que si Paris est moins attractive pour les grosses fêtes, c’est des revenus en moins pour sa mairie. 

Une baisse de budget ! Saperlotte ! Il faut agir, vite ! Une loi, un décret, un arrêté municipal, n’importe quoi, je ne sais pas, … une armée de clowns, mettons, n’importe quoi vous dis-je, allez-y, lancez des idées !

… Bon. Ce sera l’armée de clowns.
Autre dispositif annoncé par Bertrand Delanoë, qui sera testé à partir du printemps : le recours à des mimes et des clowns pour exhorter les fêtards à baisser d’un ton aux abords des établissements de nuit.
Je suppose qu’il s’agira de Clowns Officiellement Diplômés, comme le permet l'EdNat depuis quelques temps (Non, l'école nationale de Clownerie n'est pas une antenne spéciale de l'ENA, mais bel et bien disponible à l'Université Lumière Lyon II: faire le clown c'est aussi un métier, selon le ministère, et ce depuis le 17 mars 2007...).

Cette cataracte de conneries coûteuses donne un peu le tournis ; à ce point, je me dois de résumer un peu : le lobby des gens de quartiers (qui veulent dormir) et le lobby des professionnels de la nuit (qui ne veulent pas dormir) se retrouvent avec une brochette de pignoufs (qui digèrent bien vos subventions, merci) à la Mairie de Paris pour obtenir une solution totalement hallucinante à un problème qui ne relève en rien des compétences des uns et des autres. Nous sommes bien en France. J'en doutais.

Que le problème soit plutôt le manque de thunes des gens pour sortir, le manque de taxis à cause de numerus clausus stupides ou de prix inabordables, le manque de transports en commun passé une certaine heure dans la nuit, et, bien sûr, l’insécurité qui règne dans les rues et ces transports en commun ne semble même pas effleurer l’esprit de ces gens qui proposent donc de balancer du mime et du clown à la face des fêtards.

Cela promet lorsque Björn (le prénom a été modifié pour des raisons de confidentialité), en pleine soirée festive, citoyenne et barbecue d’une voiture quelconque, va se faire mimer la tête qu’il faut la jouer pianissimo : « Zyva un clown ! On va lui niquer sa mère ! » Les nuits parisiennes ne seront plus jamais les mêmes. Tu veux faire la fête à Paris ? Toi aussi, pète un clown !

Et d'en arriver toujours à la même indécente conclusion: Ce pays est foutu!

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