lundi 7 octobre 2013

A propos du drame de Lampedusa


C’est toujours avec un certain recul que je constate une fois de plus, avec une pointe d'amusement, hélas, que le parti de l’Innocence juge tragiquement, au travers de ses déclarations à la presse, ce qui vient de se passer à Lampedusa en Italie. Pas un ministre pour n’accabler encore davantage la responsabilité, et surtout la culpabilité, à l’Europe ou à l’Italie.

Certes l’Europe, l’Italie, la France et tous les pays de l’Union européenne sont coupables de ne pas dissuader, et même d’encourager, les migrants à se précipiter vers leur territoire en leur laissant miroiter toute sorte de droits et d’avantages précieux s’ils parviennent à surmonter l’obstacle, souvent bien faible, des frontières. Mais si des centaines de clandestins périssent en mer après avoir embarqué sur un navire de fortune auquel ils ont eux-mêmes mis le feu, il est désolant d’avoir à rappeler que les principaux responsables de ce malheur sont les passeurs, et après eux les victimes, pour leur imprudence, et d’abord pour leur détermination à violer la loi et le territoire des pays qu’ils se sont donnés pour objectif.

Le Camp du Bien estime que la culpabilité morbide doit être assumée par l’Europe et des États qui la composent, ainsi que par ses castes médiatiques et politiques, ses prétendues autorités morales ou ecclésiastiques. Les Européens invitent les populations de la terre entière à émigrer sur leurs terres, et, lorsque quelque désastre en fait échouer quelques-uns au dernier moment, ils se reprochent de n’avoir pas été assez accueillants, assez ouverts, et ils se promettent, en guise de mea culpa, de l’être bien davantage désormais. C’est un peu comme si Constantinople agonisante avait proclamé un deuil national parce que certaines des échelles turques, sous les remparts de la ville, s’étaient brisées sous le poids des assaillants…

Je vais vous le dire, tous les jours, des migrants tentent de venir en Europe (ou aux Etats Unis), à leurs risques et périls. On l'a vu le mois dernier à Mellila, à la frontière entre le Maroc et l'Espagne et il y a quelques jours à Lampedusa. Que dois-t-on faire? Mettre toujours plus de barbelés et mettre toujours plus de policiers? Ou bien adopter une autre option? 

Je pense qu’il est temps de comprendre que si tant de gens veulent émigrer en Europe, c'est, entre autres, parce nous sommes la seule région du monde qui s'attache au socialisme. Comme le note l'économiste Pascal SALIN:
"l'immigration « de mauvaise qualité » (de gens non formés, en provenance de pays pauvres) est encouragée parce que les immigrants peu formés ont d'autant plus intérêt à immigrer qu'ils bénéficient dans les pays développés de ce que l'on appelle les « avantages sociaux ». Ceux-ci consistent à prélever par la contrainte (l'impôt et les cotisations sociales) des sommes qui permettent de réaliser des transferts. Il en résulte qu'un immigrant peu formé reçoit, par exemple en venant en France, un ensemble de ressources, sous la forme de son salaire direct et de son salaire indirect, très supérieur à sa productivité, c'est-à-dire à ce qu'il produit."
Or, en dehors même du problème de l'immigration clandestine, nous savons que l'ultra étatisme et l'ultra socialisme qui sévissent en Europe sont en train de tuer le continent:
  • un SMIC qui exclut du marché du travail les jeunes non qualifiés 
  • restrictions de toutes sortes dans le marché du travail 
  • impôts et taxes toujours plus élevés (mais jamais assez élevés puisque nous sommes en déficit)
Ne rions pas. Les républiques socialistes d'Europe de l'est, entre 1945 et 1989, tiraient dans le dos des citoyens qui voulaient fuir le paradis socialiste, et se méfiaient très fortement des éléments extérieurs qui venaient perturber le système. Pour lutter contre l'immigration clandestine, il y a une option différente: supprimer l'espace public (au sens large du terme), afin que les migrations ne soient plus des déplacements (non voulus) d'un pays à un autre mais uniquement que des invitations à venir chez quelqu'un qui l'a voulu. Illusoire en pratique... 

Une chose est sure : la France ne peut pas continuer avec son système social actuel, les déficits publics en attestent, et l'immigration clandestine est une piqure de rappel supplémentaire pour nous inciter à nous réformer, vite. 

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