lundi 21 octobre 2013

L'affaire LEONARDA de Charybde en Scylla


Avec François, on n’est jamais déçu. On a beau se torturer les méninges, il est le  plus fort  pour imaginer la solution la plus tordue pour se sortir d’une situation politique embarrassante. Il avait pourtant toutes les cartes en mains pour montrer, enfin, qu’il assumait sans faillir la mission que le peuple lui a confiée en mai 2012: être le garant de l’ordre républicain, et de la stricte application des lois votées par la représentation nationale. Aussi, fallait-il vraiment que le pouvoir se laisse prendre dans l’affaire LEONARDA? Le président normal est-il donc celui qui se mêle de tout? Quoi qu’on puisse en penser, cette affaire a franchement accentué l’effroyable affaiblissement du chef de l’état: il lui tend la main et elle refuse? On est en plein Gala et Voici, qui aurait pu imaginer que François Hollande perdrait à ce point-là la main?

Les dégâts politiques engendrés par ce dialogue surréaliste sont considérable entre le président de la république et LEONARDA, une jeune fille de 15 ans, cette dernière tenant outrageusement tête au chef de l’état. Dire qu’il pouvait se montrer, pour une fois, politiquement capable de prendre une décision nette et claire, qui aurait fini par se révéler la seule adéquate: confirmer l’expulsion vers le Kosovo d’une famille de Roms dont la mauvaise foi, l’usage astucieux de toutes les failles de la loi française, et la manipulation des médias avaient fini par exaspérer tous ceux, même bienveillants, qui les connaissaient bien. Les associations de soutiens aux Roms et aux sans-papiers, en Franche-Comté, comme en Italie, avaient jeté l’éponge. Cette famille, principalement son chef, le père, était devenue ingérable, même pour ces militants dont la patience et l’indulgence pour les incivilités de leurs protégés est réputée proverbiale.

Cette affaire pathétique, par l’intervention présidentielle, s’est transformée en affaire d’état. Et notre gros rongeur a pris l’engagement d’un ratage total et sans issue. Déjà après la Syrie, particulièrement épique en matière de merdouillage international, le défi de faire aussi catastrophique au plan intérieur relevait de la gageure: pari réussi pour Choupinet, au mieux de ses formes!

Concernant la famille en question, leur dossier était tellement mauvais et gratiné (usage de faux, mensonges avérés sur le lieu de naissance des enfants, refus du père d’occuper les emplois qui lui étaient proposés, violences intrafamiliales signalées, vols, cambriolages, dégradation de propriété (y compris le logement social qui leur a été confié), assiduité scolaire très relative des enfants), qu’aucun fonctionnaire humaniste de bonne foi n’a pu favoriser leur acceptation « à l’ancienneté » sur le territoire français. Quant à la fille en question, on peine à voir en elle la timide créature, humble, respectueuse et travailleuse, que certains tentent à tout prix de nous dépeindre, surtout lorsqu’elle déclare avec grâce et légèreté devant les caméras de la France entière que, je cite: 
«Un jour ou l’autre je rentre en France et c’est moi qui vais faire la loi»
Ainsi donc, en proposant le retour de la gamine seule (alors qu'elle n’avait jamais manifesté son souhait d’une telle solution), Choupinet réussit l’exploit de provoquer l’indignation simultanée des partisans de l’ouverture totale de nos frontières à « toute la misère du monde » – et ajoutons à tous les escrocs à la demande d’asile – et celle des pères et mères de famille choqués de par une sorte de rapt pourvu du sceau présidentiel.

Et de conclure que cette affaire, en occupant à tel point la presse et les politiciens, aura fait passer un message absolument catastrophique à l’ensemble des Français: oui, le Président prend plus facilement de son temps pour ce genre de cas franchement douteux que pour s’occuper des vrais problèmes de fond. Oui, le président est prêt à utiliser son temps et le vôtre pour vous exposer une non-solution calamiteuse, mais il n’a absolument rien en rayon pour répondre à vos attentes en matière de hausse des prix, de problèmes de logement, de chômage, de désindustrialisation, de hausses d’impôts ou de baisse général edu niveau de vie et du niveau scolaire.

Cette affaire ahurissante montre que la politique française n’est plus qu’une espèce de champ d’expérimentation pour politiciens, journalistes et associations citoyennes désemparés, qui courent dans tous les sens comme des poulets sans tête, se percutant les uns les autres au gré de leurs revendications antagonistes, et prétendant œuvrer pour le bien commun en dilapidant une énergie et des sommes de plus en plus iniques au regard des problèmes autrement plus aigus qui sont ainsi consciencieusement évités. À ce titre, l’emballement actuel de ces classes jacassantes, à tout propos et surtout hors de propos et hors de proportion n’impose qu’une conclusion, inévitable.

Ce pays est foutu.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire