mercredi 27 novembre 2013

La chasse aux putes est ouverte



Enfanté par de haineuses femelles avides de publicité et en carte au gouvernement, un projet de loi visant à détruire les plus essentielles libertés des êtres humains vient enfin de frayer son chemin jusqu'aux tribunes à micro de l'assemblée des élus du peuple (souverain).



Tant dans sa lettre que dans son esprit et sa rédaction, ce projet de loi atteint à la perfection, selon les critères esthético-philosophiques du totalitarisme du XXIème siécle.



Admirons d'abord son intitulé, au jargon mâtiné de concept, car il s'agit d'une loi "de lutte contre le système prostitutionnel". Comme est beau ce "système", même accolé à un assez lourd néologisme, qui évoque tant le système du monde cher aux astronomes que le système de Law de fâcheuse mémoire, suggérant ainsi un subtil mélange entre le bien de la pensée scientifique et le mal des manipulations financières.



Enoncé mi-chèvre mi-chou donc, mais adéquat, car de ce système il n'en sera frappé qu'une partie.



En de laborieuses réunions, les fins conseillers des femelles ministérielles leur ont expliqué que la prostitution est un échange marchand et volontaire entre un vendeur (ou vendeuse) et un acheteur (ou acheteuse), d'où trois possibilités pour abolir toute possibilité d'échange:

  • ostraciser le vendeur,
  • ou l'acheteur,
  • ou les deux.


Ce dernier cas présentait l'avantage d'être égalitaire et paritaire, il ne fut, curieusement, pas retenu.



Frapper le vendeur fut écarté, car des études révélèrent que ces vendeurs sont de temps en temps des femmes, dont on ne peut attenter officiellement à la cause sacrée.



En revanche, il se trouve que l'acheteur est bien souvent un mâle, espèce répugnante et scorie d'un passé en cours d'abolition, que l'on peut piétiner sans que protestent les écoterroristes de Greenpeace et du WWF.



Donc, c'est l'acheteur qui sera puni, le vendeur (ou vendeuse) demeurant, conformément aux valeurs républicaines héritées de ROBESPIERRE et MARAT, parfaitement libre d'exercer son commerce, et que tout chaland s'en approchant soit jeté dans un cul-de-basse-fosse est une autre affaire.



L'arrestation du candidat acheteur sera facilitée par une disposition de la loi supprimant le délit de racolage. Ainsi, comme en Californie, autre paradis socialiste, des flics et fliquettes déguisés en hétaïres pourront, en toute légalité, racoler, par des sourires aguichants et des œillades salaces, d'éventuels clients, afin de les jeter à terre, les menotter (comme à Hollywood! ô joie!) puis les emmener vers une destination carcérale.



Après avoir été condamné à un séjour en prison et à une amende (cela tombe bien, en raison du gros trou dans les caisses de l'État), l'amateur potentiel de galipettes tarifées devra subir, et à ses frais, un (je cite):



    "Stage de sensibilisation à l'achat d'actes sexuels".



La pédagogie de ces stages sera assurée par la bande habituelle d'associatifs subventionnés, charlatans psy et illuminés compassionnels... Quant à la sensibilisation, joli marqueur de valeurs citoyennes, elle n'est qu'égale à cette vieille rééducation (rehab, en américain) pour laquelle feu M. STALINE et ses épigones créèrent des camps que les manuels d'Histoire omettent de honnir.



L'évolution des mœurs a remplacé les coups de fouet et les électro-chocs par une parole sirupeuse mais tout aussi totalitaire que les aboiements des sbires bolcheviks – il s'agit, toujours et encore, d'amener l'individu coupable de rébellion, ou simple indifférence, envers l'idéologie du pouvoir, à faire son auto-critique, puis prononcer son acte de repentance, pour enfin balbutier, tout en versant des larmes de joie, que désormais il voit la lumière, et est un homme nouveau, conforme, soumis – un très humble et obéissant esclave.



Oui, cette loi est parfaite en tous points, et nul ne doute qu'elle sera votée, d'autant que le chef de l'opposition-officielle, tout frétillant de retrouver enfin une occasion de nuire à ses semblables, vient de lui apporter son chaleureux soutien, prouvant ainsi une nouvelle fois –mais en était-il besoin?– l'unanimité des politiciens pour établir et renforcer la terreur législative.



D'après Michel DESGRANGES, novembre 2013.

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