jeudi 28 novembre 2013

Les fous de Dieu


Rien n'arrive sans raison (il n'est pas d'effet sans cause...) et les pittoresques absurdités qui naissent à chaque instant, modelant les rapports entre êtres humains (je n'ose écrire que cela constitue encore une société) sourdent très logiquement de l'absence de sens qui règne désormais dans les institutions, les pratiques qu'entraînent celles-ci, et les raisonnements (pour être indulgent) de la masse des citoyens.

Que soient désormais interdites les encres de couleur qui permettent aux tatoueurs de réaliser sur la peau de leurs clients de superbes figures fortement bariolées, prohibition née du mortifère principe de précaution, ne surprend pas – l'obligation de se cantonner au noir pour orner son propre corps est conforme à la pimpante esthétique du totalitarisme bienveillant.

Plus amusant, mais également prévisible, est la décision d'un juge d'obliger un directeur de prison, sous peine de désagréments pénaux, à servir des repas halal aux détenus adeptes de la religion mahométane.

Dans ses considérants, ce magistrat invoque la laïcité inscrite dans la constitution, de modernes déclarations de Droits, les gènes de la république etc., laïcité qui entraîne, pour tout être humain, le libre exercice de sa religion.

Très bien, mais en quoi ce libre exercice entraîne-t-il une obligation faite à autrui de satisfaire aux desiderata des fidèles de telle ou telle superstition?

Le libre exercice signifie que l'on ne peut empêcher un homme (ou même une femme) de croire à une religion et d'en suivre les commandements, si étranges puissent-ils paraître, mais non, il faut le redire, de fournir à ces croyants les moyens de pratiquer leur culte, moyens qui peuvent et doivent être à leur seule charge.

Si demain, un individu prophète d'une nouvelle croyance prétend avoir reçu de son Dieu, qui lui parle d'Alpha du Centaure, l'ordre de faire construire une immense basilique, devra-t-on la faire édifier, au nom de la laïcité, aux frais de ceux qui rient de ce Dieu?

Si un individu, prisonnier condamné, affirme que sa religion exige qu'il ne soit pas enfermé, va-t-on le libérer au nom de la laïcité?

Et aux suppôts des mahométans incarcérés, osera-t-on rappeler que si ces adorateurs d'Allah se trouvent dans une situation qui les prive de nourriture rituelle, c'est uniquement de leur faute, et qu'ils auraient pu penser (et assumer) cet éventuel souci avant de commettre les délits qui les ont envoyés dans une geôle?

Une vieille règle de droit stipulait nemo auditur propriam turpitudinem allegans, comme tout ce qui a du sens cette règle est tombée dans les oubliettes de la post-modernité, il est donc logique qu'aujourd'hui la turpitude d'un individu lui ouvre des droits, au lieu de l'exclure de la société.

Tout aussi logiquement, des édiles viennent d'interdire l'utilisation dans les lieux dits publics de la cigarette électronique, proscrite, puisqu'elle ne contient pas de tabac, au nom de la guerre contre le tabac.

Amusez-vous à raisonner à l'inverse de ce que commande la plus assurée logique (et le sens commun), et vous pourrez prévoir à coup sûr ce qui arrivera demain.

Ce pays est foutu.

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