mardi 26 novembre 2013

Pendant ce temps aux chiottes d'Orly - Scandale!


Abomination dans le hall d'un aéroport parisien. 

Ce matin, a l'aéroport, à la porte des toilettes se trouve un panonceau (ou élément de signalétique, en novlangue) où sont représentées trois silhouettes, l'une mâle, l'autre femelle (on les distingue par une sorte de trace de vêtement), la troisième également femelle mais se penchant sur une espèce de paquet, ce qui indique aux personnes averties que cette femelle se livre à l'action de langer un bébé. 

Autrement dit, et ici il faut peser prudemment les mots, ce panonceau sous-entend, et peut-être même affirme, ou pis encore impose, qu'une tâche est réservée à un sexe (femelle) tout en en dispensant l'autre (mâle). 

Cette horreur passéiste et réactionnaire n'a pas manqué d'attirer l'attention aux militants de la Bien Pensance. Ce sujet tombe d'autant mieux qu'il coïncide avec la journée mondiale des toilettes, sans doute placée sous le patronage des ONU, UNICEF, UNESCO, OMS, FMI (et peut-être même CIA, NSA et FBI pour la judicieuse installation de micros et caméras), mais sur cette joyeuse célébration, j'ai omis de m'informer plus en détail. 

Revenons à notre mouton sexiste, misogyne et sans doute également homophobe (car, les deux papas qui viennent d'engendrer un bambin qui a besoin d'être langé, où sont-ils, sur ce panneau? De cette absence, ne faudrait-il pas dévoiler le barbare non-dit?). 

Il est possible de distinguer mâle et femelle selon plusieurs niveaux d'analyse, le premier serait trivialement anatomique (mais il y a là encore quelques efforts à faire pour que la totalité des humains et humaines parvienne à une saine indifférenciation atteinte à ce jour uniquement par deux musiciens, Genesis P. Orridge –ex-mâle– et Anna Varney de Sopor Aeternuspresque ex-femelle), les suivants relèvent de la fonction dans le groupe humain, de la perception du genre par autrui et de sa représentation. 

Mais simplifions: à des époques reculées, et en cours d'abolition, existait des fonctions spécifiques au mâle et à la femelle, lesquelles fonctions étaient perçues ce qui entraînait une représentation. 

Ainsi par exemple, (car il faut en ce domaine tout expliquer et illustrer bien soigneusement), le mâle (pour des raisons purement culturelles, sait-on aujourd'hui) chassait le mammouth, l'observateur percevait que ce chasseur était mâle, pour ensuite se représenter tout chasseur comme mâle, tandis que la femelle allait faire du shopping dans les grottes voisines, d'où, j'abrège, la femelle assimilait sa fonction au shopping. 

Ces représentations forment ce que l'on nomme stéréotypes, sortes de virus malfaisants contre lesquels politiciens et gens de médias ont entrepris de vacciner leurs contemporains. 

Or, malgré les efforts méritoires des croisés de la théorie du genre, ces stéréotypes subsistent et tout particulièrement, comme nous venons de le voir, aux portes des ouatères (à la turque? à l'anglaise? je n'ose m'en enquérir, en raison des présupposés ethniques de ces appellations). 

Je crains que les partisans de l'égalité et de la parité n'aient ici confondus la cause et l'effet. 

Car pourquoi existe-t-il de tels panneaux discriminants? De toute évidence, parce qu'il existe d'une part des toilettes pour femelles et d'autre part des toilettes pour mâles et que dans la mesure où existent deux objets différents on ne peut que les indiquer différemment, car les signaler identiquement entraînerait une confusion dont le résultat serait l'impossibilité de distinguer entre toilettes mâles et toilettes femelles. 

La solution apparaît alors en toute clarté, elle est le remplacement de ces toilettes d'un autre âge par des toilettes tout court où se rencontreraient mâles et femelles, ce qui aurait en plus l'avantage de renforcer le lien social et le vivre-ensemble. 

A ceux qui s'inquiéteraient que subsistent d'anciennes habitudes contraires à cette cohabitation, répondons que le changement est en cours – dans une nation de descendants de Vikings, les instituteurs sont désormais chargés d'apprendre aux petits garçons à faire pipi accroupis. 

Espérons qu'il ne se trouvera pas d'institutrices pour enseigner aux petites filles à pisser debout, introduisant alors une nouvelle et inversée différenciation à laquelle je n'imagine pas de remède.

Ce pays est foutu.

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