mardi 7 janvier 2014

Alerte - Epidémie de Quenellose en France


Ce ne sont pas des opinions, ce sont des délits, vient de décréter très publiquement, avec une suffisance satisfaite et à propos de discours tenus par un noir comique, une sorte d'histrion médiatique qui gagna jadis une célébrité de mannequin pour être apparu à la télévision la poitrine nue et le brushing conquérant. 

Lorsqu'il se montre à la foule de ses admirateurs assemblée à Saint-Germain des Près entre Lipp et le Café de Flore, l'homme se présente fièrement comme philosophe,  c'est sur cette étiquette que se fonde son fructueux marketing, de même que la maîtrise par lui affirmée de cette ancienne discipline  lui permet d'aligner absurdités et stupidités. 

Voici que le Léviathan a décidé, dans sa grande sagesse humaniste, d'interdire que soient exprimées certaines opinions (c'est-à-dire : des pensées) afin de satisfaire à divers lobbies supposés être électoralement influents, alors, et très légalement, ces opinions sont devenues juridiquement des délits, mais, ce que ne vit pas le philosophe mondain (ni les perroquets serviles qui reprirent ad nauseam la sottise), les deux termes ne s'excluent pas : ce n'est pas parce que le législateur la traite en délit qu'une opinion cesserait d'être une opinion, à ce compte, puisqu'une opinion se formule en mots et phrases, une fois prohibés par la loi, ces mots et phrases ne seraient plus des mots et des phrases, mais... mais quoi? Un néant ? Admirons alors le Léviathan qui aurait réussi à incriminer le néant. 

C'est justement parce que les opinions sont des opinions, et qu'elles le sont de toute la vigueur de leur existence, que le Léviathan a pu les qualifier avec tout ce que le vocabulaire comporte de substantifs et épithètes péjoratifs afin d'en réprimer l'expression. 

Le vol est un délit, les magistrats punissent ce délit et ce faisant, c'est le vol qu'ils punissent (il est triste de devoir rappeler cette évidence), et lorsque le prétendu philosophe, ses suiveurs et complices variés appellent policiers et juges pour envoyer au bagne l'homme à la peau noire et à l'humour sans esprit qui pense autrement qu'eux (et, en l'occurrence, aussi mal et aussi perversement qu'eux, mais en un autre domaine) c'est l'opinion, et elle seule, qu'ils veulent châtier. 

Mon attachement à la liberté d'opinion (ou d'expression, ou de pensée, c'est la même chose) est absolu – j'avais pensé, ce matin,  écrire un rappel historique de quelques faits la concernant, cela eût montré que cette liberté fut tôt bafouée par ceux-là même qui la proclamèrent, cela montre également que le combat pour cette liberté est toujours perdu, aussi m'en vais-je vers de plus divertissants objets.

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