dimanche 16 février 2014

Et si plutôt que de critiquer il y avait des solutions?


J’ai toujours défendu les mêmes principes : liberté en tout, en religion, en littérature, en philosophie, en industrie, en politique, et par liberté j’entends le triomphe de l’individualité tant sur l’autorité qui voudrait gouverner par le despotisme que sur les masses qui réclament le droit d’asservir la minorité à la majorité.

Le despotisme n’a aucun droit. La majorité a celui de contraindre la minorité à respecter l’ordre : mais tout ce qui ne trouble pas l’ordre, tout ce qui n’est qu’intérieur, comme l’opinion; tout ce qui, dans la manifestation de l’opinion ne nuit pas à autrui, soit en provoquant des violences matérielles soit en s’opposant à une manifestation contraire; tout ce qui, en fait d’industrie, laisse l’industrie rivale s’exercer librement, est individuel, et ne saurait être légitimement soumis au pouvoir social.

Avec une crise qui n’en finit pas, une angoisse sourde permanente, notre pays va de mal en pis. Je pense que la source d’une large partie de ses maux vient d’un État envahissant, ayant petit à petit atrophié la société civile, la sphère économique et la souveraineté individuelle. Cette étatisation de la société est d’autant plus dommageable que l’État, du clientélisme électoral à l’interventionnisme économique, est largement instrumentalisé par des intérêts privés. La classe politique aujourd’hui est largement prisonnière de ses clientèles électorales ou de ses propres intérêts. Elle est soumise à une influence démesurée de l’étatisme à droite comme à gauche et c’est la raison pour laquelle l’organisation de la société ne peut se passer que par des citoyens libres venant de la société civile.

Reconnaissons que jamais en temps de paix, l’État n’a eu une telle place dans notre société, dans la vie et dans les esprits. Nous détenons le record mondial du nombre d’élus par habitant. Les dépenses publiques sont passées de 12,6% du PIB en 1912 à 39% sous de Gaulle et à plus de 56% aujourd’hui. A un État déjà envahissant et couteux, en une génération, nous avons hérité d’un infra-Etat, des collectivités locales gourmandes et un supra-Etat, une union Européenne bureaucratique et jacobine. Sans d’ailleurs que l’Etat national ne diminue significativement. 

Jamais nous n’avons été autant gouvernés, dirigés, soignés, scrutés, infantilisés, taxés et commandés. Jamais nous n’avons autant cédé de liberté pour une sécurité si incertaine que l’angoisse de l’avenir ronge notre pays de sa jeunesse à ses anciens. Jamais les bureaucrates, les politiques et les syndicalistes n’ont disposé à notre place d’une aussi grande partie du fruit de notre travail ou de notre épargne. Nous travaillons et ils décident. Ils décident de notre culture, de nos soins, de notre retraite, de l’école, de nos enfants, de notre logement, de nos investissements ou de nos loisirs. 

Jamais le capitalisme de copinage n’a autant fait les poches des contribuables. Des grandes banques aux industries agro-alimentaires, des entreprises de presse à celles de la culture ou du bâtiment ; une longue file d’intérêts privés ont instrumentalisé l’État pour nous interdire de choisir ou pour nous forcer à les soutenir. Jamais depuis longtemps, le pillage invisible des classes moyennes au profit de l’État et des grandes banques par la planche à billets de la banque centrale et l’inflation n’a été aussi intense. Jamais depuis la loi de 1881 –hors période de guerres-, la liberté d’expression n’a connu une telle accumulation de clauses restrictives pour servir des clientèles électorales ou pour protéger le pouvoir politique. Jamais nos lois n’ont été un tel maquis inextricable et instable favorisant le procédurier au détriment du citoyen. Jamais les jolis mots de fraternité, générosité et solidarité n’ont été autant détourné de leur sens pour devenir le masque hypocrite d’un vote « bonne conscience » destiné à vivre aux dépens des autres au travers de l’Etat.

Ce monde n’est pas un monde libéral, c’est un monde dominé par des organisations étatiques surdimensionnées, par une classe politico-syndicale pléthorique et par une liste de plus en plus longue d’intérêts particuliers achetés avec les ressources publiques. Cette crise n’est pas une crise libérale, ce n’est pas une crise du capitalisme libéral, c’est une crise de l’interventionnisme monétaire, du capitalisme de copinage et du surendettement d’État. Rien, en l’absence de catastrophe naturelle et de guerre, ne justifie un tel désastre économique, un tel gâchis, une telle morosité et une telle angoisse. Et au milieu de ce désastre, le débat public a été confisqué par des politiciens inamovibles, des experts autoproclamés fiers de murmurer à l’oreille des puissants et des syndicalistes qui ne représentent personne. Tous rivalisent d’imagination pour nous proposer encore davantage d’interventions, encore davantage de taxes, encore davantage de protectionnisme, encore davantage de pouvoir pour l’État et encore davantage de planche à billets.

Nous devons revenir à ce qui a fait la force de notre civilisation : la liberté individuelle, la propriété individuelle et la responsabilité individuelle sous le règne du Droit égal pour tous. Et un État régalien simplement chargé de faire respecter ce Droit.

Notre pays a une immense tradition libérale, il est temps de s’en rappeler.
Nous sommes des adultes libres et responsables, pas des enfants attardés devant être grondés par un Etat-papa et mouchés par un Etat-maman.
C’est aux citoyens de fixer les limites de l’action de l’État, pas le contraire.
C’est aux citoyens de contrôler la classe politique, pas le contraire.
C’est aux associations libres de permettre aux Hommes de s’entre-aider, pour donner ou pour travailler ensemble ou pour mutualiser les risques.
C’est aux individus de décider comment chercher le bonheur.
C’est aux individus de décider comment vivre, créer ou aimer.
C’est aux individus de décider avec qui travailler ou échanger.
C’est aux individus de décider avec qui partager et avec qui s’associer.
C’est aux individus de décider quels artistes soutenir et quelle presse lire.
C’est aux individus de décider quand consommer et quand épargner.
C’est aux individus de décider où investir et où entreprendre.
C’est aux individus de décider où se soigner et où instruire leurs enfants.
Nous n’avons pas à mendier le droit de conserver le fruit de notre travail, de nos échanges et de notre épargne.
Nous avons le Droit de vivre libre.
Notre droit à la liberté, notre droit de propriété sont inaliénables.
Il faut arrêter les étatistes bavards saccager notre avenir et celui de nos enfants, détruire nos libertés et mettre à terre notre civilisation.
Il est temps de sonner le tocsin de l’étatisme délirant.

  • Abandonner le fatalisme et le défaitisme.
Ce n’est ni une fatalité, ni une situation devant obligatoirement se perpétuer. Les choses changent. L’histoire est remplie de courants de pensée marginaux revenant sur le devant de la scène. 

Bien sûr, demain matin 60% de la population ne va pas brutalement se réveiller libérale. Il n’y a pas d’interrupteur on/off en politique. Mais ce ne sont jamais des majorités qui font bouger les lignes, mais des minorités actives avec un corpus doctrinal cohérent. 

  • Quitter temporairement le jeu politique.
Un centre droit modérément libéral peut se reformer soit grâce des micro-partis libéraux nouant intelligemment des alliances, soit par des regroupements d’élus déjà libéraux. Il est même probable que la droite dans son ensemble, un fois dans l’opposition, retrouve sur certains points des accents libéraux ne serait-ce que pour se distinguer du gouvernement en place. Tant mieux, mais je pense qu’il y a aussi une place pour une organisation beaucoup plus percutante se positionnant en dehors de ce jeu de droite, centre ou gauche.
  • Renouer avec le libéralisme classique.
Les arguments utilitaires ont un rôle qu’il ne faut pas négliger, mais je pense qu’il est nécessaire de partir et de s’appuyer en permanence sur des arguments éthiques. « Non, il n’est pas juste que Paul utilise l’Etat pour prendre à Pierre » etc…

L’école française à travers des auteurs comme Frédéric BASTIAT fournit un grand nombre de textes de qualité. Cette littérature sort le libéralisme d’un langage austère et économétrique qui ne parle pas à beaucoup de gens. Elle permet aussi de rappeler que la France a une grande tradition libérale hélas oubliée.

  • S’appuyer largement sur l’Ecole Autrichienne d'HAYEK.
L’Ecole autrichienne, à travers sa théorie du cycle, propose une explication convaincante des phénomènes à l’origine de la crise que nous connaissons.

De surcroît, une remise en cause du système monétaire et bancaire tel qu’il fonctionne actuellement est indispensable pour être audible sur tous les autres sujets. Cette crise attribuée à tort au libéralisme et à l’économie de marché a un effet dévastateur sur l’image du capitalisme libéral. Si nous ne parvenons pas à expliquer simplement au grand public en quoi cette crise n’est pas libérale, il est de toute manière inutile d’essayer de défendre le libéralisme pendant des décennies.

D’une manière générale, il est important de dénoncer le capitalisme de connivence avec autant de vigueur que la bureaucratie étatique. Il est dévastateur pour l’image du libéralisme de s’indigner -à juste titre- des privilèges statutaires de la fonction publique catégorie C tout en restant silencieux sur les détournements de ressources par le biais de subventions ou manipulations monétaires par des dirigeants en costume cravate.

  • Proposer directement un désengagement massif de l’Etat.
Je pense qu’il est finalement aussi simple, plus compréhensible et plus utile de défendre directement un Etat très réduit plutôt que des « réformes » ici ou là. L’Etat doit assurer les fonctions régaliennes ainsi que le financement de l’instruction et des soins, les infrastructures et quelques fonctions réglementaires.

Le discours sur la transition doit être particulièrement soigné et réaliste pour rassurer. Aller vers l’inconnu est toujours angoissant, c’est rationnel. On sait ce que l’on perd, on ne sait pas ce que l’on gagne.

  • Eviter le langage « manager entrepreneurial».
« Tournons-nous vers l’avenir moderne pour une société ouverte et jeune de croissance dynamique et ambitieuse ». C’est sympathique, mais ça ressemble trop à la Pravda des gazettes internes des entreprises pour être pris au sérieux.

Le libéralisme n’est pas une doctrine au service des entrepreneurs. Même si sociologiquement cette catégorie est déjà plus sensibilisée au libéralisme, il est important de diffuser ces idées au plus grand nombre. Le libéralisme doit être populaire avec des messages auxquels tous peuvent s’identifier, quel que soit le métier exercé par ailleurs.

  • Eviter le langage libertaire.
Comme l’a expliqué HAYEK, il ne s'agit pas d'être des conservateurs politiques. Il me semble possible de défendre les libertés civiles de manière cohérente (y compris sur la drogue par exemple) sans utiliser un langage libertaire sociologiquement très marqué, de surcroît passé de mode, et qui pourrait inutilement faire fuir une partie de l'auditoire.

  • Eviter le langage économétrique grondeur.
Il est parfois difficile d’éviter d’utiliser les chiffres, mais il est important de se rappeler que je ne suis pas un soviétologue gestionnaire de la société française plus raisonnable que des gestionnaires socialistes.

Les Français ne dépensent ni trop, ni pas assez pour les soins ou les transports. Le problème est qu’ils ne choisissent pas. Ils ne partent ni trop tôt, ni trop tard à la retraite. Ils ne travaillent ni trop, ni pas assez. Cela dépend des individus et le problème est qu’ils ne choisissent pas et payent les uns pour les autres. Les gronderies collectives assimilées au libéralisme doivent être évitées.

  • Identifier les vrais adversaires.
Un instituteur compétent qui passe sa journée à batailler pour transmettre à des enfants parfois peu réceptifs des connaissances, qui peut parfois en perdre le sommeil et qui ouvre sa radio pour entendre des personnes identifiées comme libérales lui faire la leçon doit probablement avoir envie de sortir la mitrailleuse lourde.

Je n'ai pas envie de m'attaquer aux personnes, ou aux métiers, mais sans états d’âme au cadre institutionnel, aux statuts et à ceux qui le protègent.

Mes adversaires sont avant tout les étatistes, c’est-à-dire ceux qui justifient la place actuelle de l’Etat dans la société.

  • S’attaquer au Pouvoir en tant que tel.
La démocratie est le pire régime à l’exclusion de tous les autres. Le fait qu’une décision soit démocratique n’entraine pas sa légitimité contrairement à ce que veulent faire croire les Rousseauistes. La démocratie est donc bien sûr supérieure à la tyrannie et au despotisme, mais chaque fois que cela est possible, les choix et la conscience individuelle sont supérieurs aux décisions prises pour tous par l’Etat, même contrôlé par des politiques élus démocratiquement.

S’attaquer à l’oligarchie, critiquer le Pouvoir étatique –même démocratique-  en tant que tel, est nécessaire lorsqu’il sort de son périmètre.

  • Reconnaître la légitimité du sentiment patriotique sans discours essentialiste, nationaliste, ou discours bisounours.
Même si ce n’est pas le cœur de mon message, nous ne pouvons pas aujourd’hui faire l’impasse sur l’identité culturelle.

La France peut parfaitement bâtir un discours qui ne soit ni lepénisant, ni bisounours en mettant l’accent sur l’importance des comportements décents et la responsabilité individuelle, plutôt que sur les « comportements forcément légitimes s’ils expriment une souffrance » et les responsabilités collectives.

Un discours qui s’adresse à la fois aux Français enfants d’immigrés ne se sentant pas reconnus et aux Français depuis de nombreuses générations craignant d’être dépossédés de leur patrie.

Le sentiment patriotique n’est pas l’adversaire du libéralisme.

1 commentaire:

  1. Injustement arrêté, honteusement sali dans la presse aux ordres du pouvoir socialiste, Serge Ayoub lave dans cette vidéo tournée à sa sortie de garde à vue. Il est important de la relayer, car les médias complices et d'autres idiots utiles d'un système qui persécute les patriotes ne feront jamais un erratum !
    A regarder et à diffuser
    Copier pour voir la vidéo de Serge Ayoub.

    http://www.youtube.com/watch?v=UXAbQ47wiso

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