mardi 25 février 2014

Hommage à Jean ZAY


Puisque la Nation se doit d'être reconnaissante avec les Grands Hommes, Choupinet a décidé de faire entrer au Panthéon 4 nouvelles personnalités, "de grandes figures qui évoquent l'esprit de résistance": 
  • Pierre BROSSOLETTE
  • Geneviève de GAULLE-ANTHONIOZ
  • Germaine TILLION et 
  • Jean ZAY. 
On attendait une femme, une féministe, une Olympe de Gouges, parité oblige nous eûmes la surprise d'entendre les noms de 2 hommes et de deux femmes. Le grand fraisier aimerait-il surprendre ?

Mais, je pose la question, peut-on considérer comme juste que la Nation honore un personnage qui considérait le drapeau national, le bleu, le blanc et le rouge, comme "un vil torche-cul", "une saloperie"? La Nation reconnaissante peut-elle occulter le poème ci-dessous écrit par Jean ZAY, grande figure socialiste et franc-maçonne de la IIIème?

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là… Quinze cent mille dans mon pays; quinze millions ailleurs. Quinze cent mille hommes morts, mon Dieu !… Quinze cent mille hommes pour cette saloperie tricolore… Quinze cent mille hommes morts, dont chacun avait une mère, une maitresse, des enfants, une maison, une vie, un espoir, un cœur… Qu’est-ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ? Quinze cent mille morts, mon Dieu! quinze cent mille morts pour cette saloperie, quinze cent mille éventrés, déchiquetés, anéantis dans le fumier d’un champ de bataille; quinze cent mille que nous n’entendrons plus jamais, que leurs amours ne reverront jamais. Quinze cent mille pourris dans quelque cimetière, sans planches et sans prières… Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux de vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ? Ils ne sont plus que de la pourriture… Pour cette immonde petite guenille. Terrible morceau de drap cloué à ta hampe, je te hais férocement ; oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toute la misère que tu représentes, pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicla sous tes plis, je te hais au nom des squelettes… Ils étaient quinze cent mille… Je te hais pour tous ceux qui te saluent, je le hais à cause des peigne-culs, des cons et des putains qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre ; je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial, le défi aux hommes que nous ne savons pas être ; je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le bleu que tu volas au ciel, le blanc livide de tes remords… Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grands coups, les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires, que tu es pour moi de la race vile des torche-culs".
Jean Zay - 6 mars 1924.
Curieusement, après l'annonce faite au Mont Valérien par le Grand Fraisier, aucun média n'évoqua ce poème, cet accroc de taille dans le parcours d'un homme que la Socialie d'aujourd'hui ne pouvait pas ne pas honorer.

Je doute que l'entrée au Panthéon de Jean ZAY eut été acquise aussi facilement si le grand public avait eu connaissance de ce poème...

Dogmatisme politique, quand tu nous tiens ...

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