mercredi 14 mai 2014

Quinquennat - Bilan de l'an II


« Happy Beur's dey tou you, Flamby… » 

La célébration de cette deuxième année fut relativement simple à écrire. Il n’est pas un domaine d’action présidentielle où s’impose un mot différent de celui de faillite. Elle est totale: économique, naturellement, politique et surtout morale.

Faillite économique
Chaque français s’en rend bien compte. Il n’y a pas un indicateur qui soit rassurant pour notre pays. Le chômage d’abord, dont l’augmentation sonne le glas d’un président impuissant. Presque 430 000 chômeurs de plus depuis mai 2012, c’est à dire son élection, soit une hausse de 14,5%! On bat des records tous les mois grâce à ces peintres qui nous gouvernent. Toutes catégories confondues, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi s’élève à plus de 5,9 millions de personnes à la fin de mars dernier! Soit près de 20% de la population active. Dans le détail, c’est la même bérézina: alors même qu’ils nous claironnent le contraire tous les jours, les jeunes sont gravement touchés et les chômeurs de moins de 25 ans ont progressé de 6% depuis l’élection de pépère. On ne compte pas ceux qui ont disparu des écrans radar, sans formation ni job, même subventionné: on les estime à près de 1 million! Quant au séniors, c’est là aussi une boucherie: + 30% de chômeurs de plus de 49 ans depuis mai 2012! Sur le chômage, pour le ravi de la crèche, t’es un sacré champion!
Défaillances d’entreprises: record absolu! Sur la seconde partie de l’année 2012, les défaillances d’entreprises de plus de 250 salariés ont augmenté de 34%! Sur l’ensemble de l’année 2012, c’est près de 60 000 fermetures, une paille! Mais comme il serait injuste de considérer qu’une demi-année, regardons 2013: presque 62 000 faillites, record de 2009 battu alors même que nous étions au cœur de la crise. On attend les chiffres de 2014 avec une certaine angoisse et même une angoisse certaine: au premier trimestre, les défaillances ont cru (hein Sapin…) de quasiment 4% par rapport à la même période de l’an dernier.Dette: on atteint des sommets encore inexplorés! Depuis 2012 et ton parachutage rue du Faubourg St Honoré, tu as augmenté les impôts de plus de 33 milliards. Et la dette ? Elle continue sa progression, tranquillou… Fin 2013, elle était à 93,5% du PIB et les économistes s’accordent pour l’évaluer à 95% à la fin de cette année, autour de 1 950 milliards d’euros (en clair cela donne 1 950 000 000 000 ou 12.791.161.500.000 de francs. C'est tellement long que l'on n'arrive même plus à le lire. Un nouveau record donc…. En 2013, notre pays s’est endetté de 84,3 milliards d’euros pour une création de richesse d’environ 6 milliards (0,3 % de croissance). Des chiffres limpides… 
Dépense publique: ça grimpe toujours, évidemment. Là encore, on bat des records! Plus de 57% du PIB en 2013 est digérée par la dépense publique, c’est le deuxième plus fort taux d’Europe, c’est 12,5% de plus qu’en Allemagne! Et 7,3% de plus que la moyenne de la zone euro. Rien que ça! Evidemment pour éponger, il a fallu massacrer fiscalement les français: plus de 46% de PIB de prélèvements obligatoires, c’est là encore un record historique!
Déficit public: on est très loin des engagements. Le déficit français atteindra 3,9% du PIB cette année après 4,3 % cette année, loin des 3% attendus par nos partenaires et des engagements de Babar. A noter que la zone euro a, en moyenne, un déficit à 2,5% du PIB. En 2015, alors qu’il nous chante l’inverse, on ne devrait pas atteindre les 3% visés et plutôt atterrir, si tout va bien, autour de 3,5% de PIB.
Croissance: le crash! C’est simple, ce n’était jamais arrivé depuis plus de 20 ans: la croissance française est inférieure à celle de la zone euros! Merci qui? Elle devrait s’établir si tout va bien à 1% en France cette année contre plus de 1,2% pour la zone euro. En 2015, elle est attendue à 1,5% contre 1,7% en Europe. Et encore, tous les prévisionnistes jugent les perspectives françaises très optimistes… Y a pas dire, en économie, la Guimauve tapes le Grand Chelem!
Faillite politique
La faute à une formidable erreur de casting. L’homme qui doit tout au désormais célèbre Sofitel de New York. Sans cette affaire qui aura fait des tâches, et pas seulement sur la moquette, jamais le culbuto ne serait arrivé là où il est. Comme quoi, il faut toujours croire en ses chances… Mais depuis cette élection, par contre, la chance n’a plus grand chose à voir. On reviendra ici sur les sondages qui ont dégringolé à la vitesse grand V, vers des abysses absolument inédits sous la V° République. En quelques mois, il aura su troquer un prétendu état de grâce contre un véritable état de graisse: c’est simple, son taux de cholestérol doit atteindre des sommets inversement proportionnels à celui de sa cote de confiance! Lucides, les français ne font confiance qu’à une toute petite proportion: entre 15 et 18% de sondés, selon les différents instituts. C’est du jamais vu. Certains sondeurs, en privé, disent ne plus vouloir mesurer ta cote: elle arrive à des niveaux où la stabilité de l’Etat peut être en cause. 
Evidemment, la raclée monumentale aux municipales de mars dernier ont toutes leur place dans son bilan. Et là, franchement, il aura été au top! Une bran-bran, une branléeuuu comme on n’osait pas en rêver… D’accord, Paris, Lille et Lyon sont sauvés, et il gagne Avignon grâce au Front. Mais pour le reste, quelle belle performance! L’Ouest, à qui le PS dois tant, repasse très majoritairement à droite! Le Nord est bleu ciel! Le sud, peu acquis à au personnage, reste tel qu’en lui-même! La France est claire: après 2 ans elle ne veut plus du pédalo. Même Limoges, socialiste depuis plus de 100 ans, a basculé à droite! Résultat, c’est le socialisme municipal qui est laminé. Et avec lui le clientélisme associatif qui est la marque de fabrique de petit combinard d’appareil. Les baronnies sont lessivées. Ces petits chefaillons qui ont tant fait pour son accession. Sans parler des financements du parti qui partaient de loin, de toutes ces innombrables mairies aussi roses que ces petits cochons-tirelires dans lesquelles il était bien aisé de plonger les mains avides pour entretenir les apparatchiks. Monsieur Petite Blague a compris la leçon, son objectif est désormais de retarder la prochaine fessée: les régionales. Elles étaient prévues en 2015, il les décalera en 2016 voire en 2017. Les notes qui circulent semblent confirmer ce qu’on sait tous: 2° raclée en vue! On va donc tripatouiller le calendrier, histoire d’essayer de sauver ce qui peut l’être. Une belle république bananière.
De LEONARDA à MONTEBOURG, de MERKEL à BACHAR, le monde entier te chie dans les bottes et tu as l’air content. Le parfait benêt. On n’épiloguera pas sur les députés dépités qui, se sentant cocus jusqu’au coup, décident de ne plus voter les lois du gouvernement. En tout cas pas comme ça. Fin avril, pour un vote à blanc, ils étaient 41. Il paraît que de Lille vient un vent mauvais qui ne demande qu’à multiplier ces 41 frondeurs… Tu te fais élire sur un programme bidon, tu as une assemblée à ta main qui se fait elle aussi élire sur tes promesses en bois et après 2 ans, tout le monde se rend compte, les français les premiers, que tes engagements étaient aussi solides qu’un pet de lapin
La faillite politique, c’est aussi l’absence totale de ligne claire. Et donc les couacs. On n’en retiendra qu’un seul, le dernier, sur le feuilleton Alstom. Quand ton ministre te désavoue. Parce que c’est symptomatique et surtout parce que c’est drôle: tu as autant d’autorité qu’un agneau syphilitique au milieu d’un meute de loups affamés. Choupinet et Maman MERKEL sont ensembles à Berlin en fin de semaine dernière. Et notre champion du monde lit bien sagement le papier que lui a tendu Angela, à savoir qu’Alstom, en tant qu’entreprise privée, décidera sereinement de son avenir et qui de General Electric ou de Siemens le reprendra. MONTEBOURG, le pieds bien droit sans ses BERLUTTI, peste contre le groupe américain et fait les yeux doux à Siemens en précisant, au passage, que la nationalisation temporaire était sur la table. Qui est en charge de la stratégie économique? Qui décide? Qui écouter, qui croire, et au bout du bout, qui parle?
Faillite morale
Là où tu voulais donner des leçons à la terre entière. Là où tu te croyais apte à juger les uns et les autres, parce que toi, pardon, "tu ne mangerais pas de ce pain-là". Les épisodes Valoche bien sûr, du tweet rochelais à la répudiation en cinémascope. De tes pathétiques virées en scooter, rue du cirque, pour aller lutiner les miches d’une starlette ratée de série pour décérébrés. Et ton garde du corps qui monte les croissants, à 11h du mat’… Toute cette sordide histoire de fesses molles qui s’étalent en grand dans la presse people… Mais quelle déchéance!
Et puis il y eut les amitiés troubles: On a commencé avec Jérôme, le toubib qui aimait le pognon. Même qu’il en a mis un paquet de côté. Tellement de côté que ça tenait plus sur son PEL de la Banque Postale à Villeneuve-sur-Lot, et qu’il a du trouver une banque qui lui prenne. Bon, ok, il l’a trouvée en Suisse, et après? C’est vrai qu’en tant qu’évadé fiscal, il fallait un sacré cran pour lui confier, en tant que ministre du Budget, la délicate question de… l’évasion fiscale, justement! Au moins, on ne pourra pas te reprocher de ne pas mettre le bon mec à la bonne place. Il connaissait les rouages, le Jérôme!
Un an après jour pour jour, voila que débarque l'affaire de ton conseiller spécial, Aquilino. Tranquille, Emile, il se fait cirer ses pompes de luxe par un cireur professionnel du Bon Marché dans un salon du Palais réservé pour cet effet. C’est très France d’en bas, mon gars. La France qui se bat, la France des usines qui ferment. La France des petits patrons que tu condamnes par ta fiscalité. La France de ceux qui essaient tous les jours de se dépêtrer de la nasse dans laquelle tu les as mis. Alors que le bonhomme ait été pris la main dans le portefeuille d’un labo danois alors même que, salarié par l’IGAS, il était chargé justement de contrôler l’activité desdits labos, finalement ça n’a pas plus d’importance que cela… Tu vois, mon gars, tu n’as aucune limite. Et c’est ça quelque part qui fait ta signature.
Enfin il y a les copains, ou assimilés. On reparle toutes les semaines de la fameuse promotion Voltaire de l’Ena dont tu recases à peu près tous les diplômés dans les jolis et confortables placards de la république.
Sans parler de tes copains de circonstances: tu exfiltres la verte-rouge-orangée VOYNET de la mairie de Montreuil vers l’Igas, qui restera donc un ramassis de tordus.
Tu promeus DESIR, qui a tant fait pour la grandeur du PS en tant que premier secrétaire, vers un marocain ministériel, créant de fait une sorte de prime à l’incompétence. Remarque, avec ce choix, c’est tout ton gouvernement qui s’éclaire pour les français. On comprend mieux tes castings!
On pense enfin aux khmers verts pour qui tu brades la politique énergétique de la France. Après tout, que vaut l’indépendance énergétique du pays à côté d’une candidature de Duflot à la présidentielle de 2017? S’il faut lâcher 2 ou 3 ministères, laisser tomber un projet d’aéroport, fermer quelques centrales nucléaires et faire chier la France entière dans du compost, t’y va, sans aucun scrupule.
Et dire qu'il reste encore 3 ans à supporter ta gueule enfarinée 

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