lundi 7 juillet 2014

Le peuple et les charlatans



Une femme, Rachida H, 47 ans, pour un motif qu'un sain fonctionnement de son cerveau lui eût fait rejeter, poignarde une autre femme et la tue. C'est là un événement à l'effet tragique pour l'innocente victime, ses proches, ses amis mais qui, comme tout acte irrationnel, ne révèle rigoureusement rien sur l'état de la société, pas plus que ne le ferait la foudre tombant sur un passant.

Il se trouve que ce crime a été commis dans une école et a frappé une institutrice. L'école est aujourd'hui un lieu sacré, l'institutrice une personne sacrée, il fallait donc s'attendre à ce que ce double sacrilège déclenchât l'habituel torrent de propos d'une stupidité ahurie, nous n'avons pas été déçus.

Dans ce flot insane, j'ai relevé cette affirmation colportée, avec égards et approbation, par le pathétique quotidien de référence (sic) et émanant de l'un de ces psychologues qui vivent au crochet de gogos contribuables:
" Le psychisme humain n'est pas préparé pour assumer cela"
[cela: le spectacle d'un acte de violence]
S'il en était ainsi, il y a fort longtemps que l'espèce humaine eût disparu. Supportant de moins en moins l'agressive crétinerie de l'actuelle société "occidentale", je trouve plaisir et réconfort dans les récits de notre passé, et particulièrement dans les Mémoires que rédigèrent des femmes et des hommes de temps disparus.

Ce sont des temps où les spectacles d'horreur étaient monnaie courante, l'esprit humain (que le cuistre nomme "psychisme") pouvait les déplorer ou condamner, mais il les acceptait ("assumait").

Ce sont des temps où, à la sortie des villes se dressait un gibet, les corps des suppliciés y demeuraient jusqu'à ne plus être qu'un squelette que les intempéries disloquaient enfin, des temps où femmes, hommes, enfants se pressaient sur la grand'place pour voir rouer, écarteler ou décapiter quelque criminel, des temps où les soldats tuaient leurs ennemis avec une parfaite bonne conscience, et où la vision d'un cadavre était dans l'ordre de la nature –ce furent des temps qui durèrent des millénaires, et dont l'esprit humain s’accommoda fort bien.

Ce sont aussi des temps où n'existaient pas ces psychologues crapuleux dont le seul "talent" consiste à persuader autrui qu'il a, à la moindre vision sortant de son ordinaire, subi un traumatisme, puis à percevoir des honoraires, ou un salaire, pour guérir le mal que seuls leurs mensonges ont provoqué.

Que prospèrent désormais les parasites marchands de soutien psychologique est une marque éclatante de la veulerie d'un peuple qui les nourrit sans un instant s'interroger sur le bien-fondé de leur charlatanesque activité, et je retourne lire les Oeconomies royales (ou Mémoires) de Maximilien DE BÉTHUNE, duc de SULLY, pair, maréchal de France, grand-maître de l'artillerie, prince souverain d'ENRICHEMONT, pour retrouver des Hommes (et des Femmes, et même des enfants) qui alors n'étaient pas des poupées larmoyantes.

Ce pays est foutu

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