mardi 30 septembre 2014

« La firme » und das zauberhafte Wunderland


Si l’État décidait qu’une très grosse entreprise, par exemple Total, ou Sanofi, était « stratégique » au point de devoir être absolument renflouée en cas de déficit, à condition de devoir remplir quelques « objectifs politiques », par exemple de nature sociale, que se passerait-il ?

Il est probable que cette entreprise, que nous appellerons « la firme », verrait le niveau de sa gestion baisser, au point que le déficit devienne « la nouvelle norme » de gestion en son sein. Au lieu d’étudier soigneusement tous ses projets de développement, la firme s’engagerait dans des investissements dont la finalité serait de plaire aux politiques, tout en profitant de ses « obligations de service public » pour quémander toujours plus d’avantages: monopoles, capacité de fixer ses prix arbitrairement par décret, etc.

Le coût global de cette inefficacité serait répercuté sur toutes les entreprises gérées sainement et leurs salariés, populations dont les impôts présents ou la dette (c’est-à-dire un impôt futur) augmenteraient.

Le bilan de « la firme » s’écroulerait, et, quelques années plus tard, ses fonds propres deviendraient négatifs. Mais, soutenue par l’État, la firme ne déposerait pas le bilan et continuerait sa gestion chaotique. La destruction de valeur ainsi opérée serait financée par le reste de l’économie.

Payer les incompétents pour de mauvais projets avec l’argent des plus efficaces aurait des effets macro-économiques détestables: les meilleurs, au lieu de rémunérer la prise de risque de leurs actionnaires, ou le mérite de leurs salariés, devraient rémunérer la médiocrité générée par « la firme ».

Et au lieu de bénéficier de plus de produits et services créés par les « bons », nous devrions supporter le coût non optimisé des services produits par les mauvais. Évidemment, la motivation des meilleurs à créer de la richesse s’écroulerait, et la richesse irait se créer progressivement ailleurs.

Eh bien, « la firme » existe. Ce n’est pas Total, ce n’est pas Sanofi, ni aucune autre grande entreprise privée. C’est l’État.

Comptablement, l’État est une entreprise comme une autre, avec un chiffre d’affaires un peu particulier, « l’impôt », relevant d’un « pricing power » bien plus important que la normale. Souvent quasi monopolistique, producteur de services (police, éducation, etc.) de qualité généralement mal perçue, l’État est en déficit chaque année depuis 40 ans, et son actif est égal à la moitié de son passif-dette, soit des fonds propres négatifs supérieurs à 900 Mds€, plus importants que la somme des fonds propres – positifs, eux – des entreprises du Cac40. Bref, l’État, c’est « la firme », qui aurait grossi au point de représenter à peu près 57% de notre économie, à force de pouvoir financer sa médiocrité sur le dos des autres.

Pourtant, si à peu près tous les économistes, même de gauche, pensent que gérer de cette façon « la firme » privée, celle décrite en début de billet, serait économiquement désastreux, ils sont bizarrement nombreux à croire que si « la firme » devient « l’État », les déficits, le monopole, le pricing power infini, la prime à l’incompétence et la destruction globale de valeur, peuvent avoir un effet positif. Selon ces charmants diplômés de l’université publique, une gestion privée cataclysmique acquiert une aura et une énergie positive en devenant publique.

Le keynésianisme, et toutes ses variantes interventionnistes, c’est cela: une pensée magique, totalement déconnectée de tout fondement rationnel, qui attribue des pouvoirs surnaturels à l’État.

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