mercredi 17 septembre 2014

Les médias sont des assistés qui s'ignorent


La presse grand public sonne en cœur, ou presque, pour lutter contre la dépense publique et l’assistanat. On retrouve ainsi ci-dessous un florilège de ces unes les plus tapageuses :

La presse dite « de gauche » n’est pas un reste. Le Monde s’interroge ainsi : 
« La France est-elle un pays d’assisté ? »
La tournure de la question laissant sous-entendre la réponse. Il rappelle aussi, dans un autre éditorial, à lutter contre la dette publique

Dans Les Inrockuptibles, les journalistes plaident pour une rigueur « de gauche ». L'express et Libération espéraient un « bon président » qui prendrait des « mesures précises, douloureuses et efficaces » pour « ne plus attendre de l’ « Etat Maman les soins et les consolations ». On n’oubliera pas, bien sûr, l’inévitable, Alain MINC, présent à tour de rôle dans à peu près tous les médias
« Je crois qu’on est désormais dans un nouveau paradigme qui est le suivant : la vertu budgétaire crée la confiance, la confiance crée la consommation et l’investissement. La consommation et l’investissement créent la croissance. Aujourd’hui, le paradigme c’est : “Vertu budgétaire, confiance, croissance”. Et donc, de ce point de vue, les gestes faits pour établir la confiance vis-à-vis des marchés sont le meilleur encouragement à la croissance, bien plus que ne l’était autrefois quelques milliards dépensés »
BAVEREZ, journalope au Point, et précédemment à l’Express, pousse, lui, le bouchon encore plus loin:
« Autant il est apprécié pour aller dans le Luberon, autant, pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance, des faits malheureusement prouvés par les études »
Bien évidemment, ces éditocrates ne relèvent que rarement parmi tous ces « assistés » qu’ils vilipendent à loisir, la moitié d’entre eux, par exemple, ne réclame pas le RSA quand ils y sont éligibles.

Mais surtout, ils omettent bien de préciser qu’en termes d’assistanat et qu’à propos de venir téter au sein de « l’Etat Maman », ils sont champions! Le ministère de la Culture et de la communication dévoile en effet les chiffres des subventions publiques touchées par les organes de presse. Les montants sont faramineux en 2013:


Le Figaro, officine de propagande de M DASSAULT, s’adjuge ainsi, pour lui seul, l’équivalent de 3000 RSA annuels. En termes de « France de l’assistanat », l’avionneur bat tous les records! Mais il n’est évidemment pas le seul, car la quasi-totalité de ces organes de presse sont la propriété de Français qui sont loin de connaître le besoin: 
  • Les Echos (4M€ de subventions) appartiennent à Bernard ARNAULT (LVMH, 1ère fortune française),
  • Le Point (4,7 M€) à François PINAULT (3e),
  • Libération à Patrick DRAHI (6e), 
  • Le Monde (16,2M€), Télérama (10,1M€) et Le Nouvel Observateur (8,3M€) à Xavier NIEL (7e), 
  • Aujourd’hui en France (12M€) et Le Parisien à la famille AMAURY (154e), 
  • Télé 7 jours (6,9M€) et Paris Match (5M€) à Arnaud LAGARDERE (170e). 
L’argent public servant à subventionner les plus grands fortunes à travers des journaux qui dénoncent l’assistanat du petit peuple et appellent à la réduction des dépenses publiques, quelle ironie!

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