mardi 30 septembre 2014

Une bonne réforme: Supprimer l'ENA


Les énarques représentent près de la moitié des postes à responsabilité dans les administrations clés de Bercy. Si cette situation est problématique, c’est d’une part car elle engendre une culture de caste dans ces administrations et d’autre part en raison du pouvoir considérable dévolu aux énarques qui, loin de se contenter d’administrer, ont une véritable capacité d’obstruction et de manipulation dont ils usent et abusent. Mais surtout ce sont des gestionnaires calamiteux, ainsi qu’en attestent les nombreux exemples de la «promotion Titanic [1]».

Ainsi, voici un bref résumé du Dossier Noir de l’ENA [2] publié par la Fondation iFRAP en 2005, afin d’en rappeler le constat tout à fait essentiel: le pouvoir dévolu aux énarques est tout à fait disproportionné par rapport à leurs compétences réelles. En l’espace de 15 ans, une trentaine d’énarques à la tête d’entreprises privées ou publiques ont réussi à faire perdre à eux seuls plus de 200 milliards d’euros à leurs actionnaires.

Entreprises privées
  • Pierre Bilger, inspecteur des finances, Alstom, a amené Alstom au bord du dépôt de bilan et à une renationalisation partielle par injection massive de capitaux publics.
  • Pierre Blayau, inspecteur des finances, Moulinex, pratique des sociétés écrans pour (mieux) rémunérer les dirigeants, dépôt de bilan, mise au chômage de 5.000 personnes et mise en examen pour « banqueroute par emploi ruineux et banqueroute par détournement d’actifs ». Chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite.
  • Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo, inspecteur des finances tous les deux, Vivendi Universal, diffusion, au nom de la société, d’informations inexactes et abusivement optimistes, tromperie du public [3], 72 Mds d’euros de pertes.
  • Guy de Panafieu, inspecteur des finances, Bull, démantèlement progressif de l’entreprise pour combler les déficits, cet exercice se solde néanmoins par une perte annuelle de 253 millions d’euros en 2001 et une réduction cumulée d’effectifs de 15.000 personnes (sur un total de 21.000). Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • André Tarallo, Elf Gabon, soupçonné de recel d’abus de biens sociaux à hauteur de 300 millions de francs, dont 84 millions prouvés, quatre ans de prison ferme et deux millions d’euros d’amende.

Entreprises publiques
  • Bernard Attali, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Air France, gestion désastreuse et politique d’investissement douteuse (notamment rachat d’actions à un proche de F. Mitterrand à un prix très supérieur à leur cours de bourse), 8 Mds de francs de déficit en 1993, aide de l’État de 4 Mds de francs et suppression de plus de 4.000 emplois.
  • Michel Bon, inspecteur des finances, France Télécom, gestion désastreuse, 68 Mds d’euros de pertes. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, chevalier du Mérite agricole.
  • Jean-François Cirelli, Gaz de France, artifice comptable et collusion politique afin de dissimuler 12 Mds de dette de charges de retraite des salariés.
  • Louis Gallois, SNCF. Il a fait de ce qui était à ses débuts une des gloires françaises, le réseau le moins productif d’Occident en termes de km-voyageur par agent, associé à des taux de grève record (18 fois plus que dans le privé), des retards devenus célèbres et un déficit considérable. Chevalier de Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Alain Minc, inspecteur des finances, Cérus, mauvaise gestion, 4 Mds de francs d’addition. Officier de la Légion d’honneur.
  • Yves Roland-Billecart, inspecteur des finances, Air Afrique, gestion désastreuse et mise en faillite de la compagnie, dette de 183 Mds de francs CFA. Officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre national du Mérite.
  • François Roussely, conseiller référendaire à la Cour des comptes, EDF, investissements hasardeux et catastrophiques, 25,8 Mds d’euros d’endettement. Officier de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite et des Arts et des Lettres.

Banques et assurances
  • Michel Albert, inspecteur des finances, Assurances générales de France, gestion désastreuse, 6 Mds de francs de pertes. Officier de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite.
  • Jacques Attali, maitre des requêtes au Conseil d’État, Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement : dépenses somptuaires : 560 millions de francs dépensés pour refaire le siège de la BERD, soit un dépassement de budget supérieur à la totalité des prêts consentis par la BERD aux pays de l’Est ; en deux ans, soixante vols en jets privés pour 1,4 million de livres, notes de frais exorbitantes assorties de rémunérations interdites par le règlement de la Banque.
  • Jean-Michel Bloch-Lainé, inspecteur des finances, Worms, gestion désastreuse, 14,9 Mds de francs de pertes. Commandeur de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Georges Bonin et Patrice Chevallier, Crédit Foncier de France, gestion désastreuse, pouvoir discrétionnaire, avantages suspects accordés à certains clients, 10,8 Mds de francs de pertes en 1995, nationalisation puis liquidation.
  • Patrick Careil, inspecteur des finances, Banque Hervet, gestion désastreuse, 1,2 Md de francs de perte en 1993. Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Jean Dromer, inspecteur des finances, Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest, gestion désastreuse, déficit de 393 millions de francs en 1988.
  • Jacques Friedmann, inspecteur des finances, Union des Assurances de Paris, mauvaise gestion, 2 Mds de francs de pertes, Commandeur de la Légion d’honneur. Chevalier de l’ordre national du Mérite.
  • Michel Gallot, inspecteur des finances, Société de banque occidentale, gestion désastreuse, 4 Mds de francs de pertes. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Jean-Yves Haberer, inspecteur des finances, Crédit lyonnais, gestion désastreuse, dépenses somptuaires exorbitantes, publication de faux bilans, 15 Mds d’euros de pertes, condamné à 18 mois de prison avec sursis.
  • Jean-Maxime Lévêque, inspecteur des finances, Crédit Commercial de France et International Bankers Incorporated, mis en examen pour complicité d’abus de confiance, recel, complicité de présentation de comptes inexacts et complicité de distribution de dividendes fictifs, 1,5 Md d’euros de pertes, incarcéré 4 mois à la Santé.
  • Robert Lion, inspecteur des finances, Caisse des dépôts et consignations, gestion douteuse : il a fait construire un nouveau restaurant en prenant sa femme pour architecte. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Pierre Moussa, inspecteur des finances, Pallas Stern, gestion désastreuse, 8 Mds de pertes puis dépôt de bilan en 1995. Officier de la Légion d’honneur et officier de l’ordre national du Mérite.
  • Roger Prain, IF, Banque Verne, mauvaise gestion, recapitalisation de 300 millions de francs en 1996. Officier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre national du Mérite.
  • Jean-Claude Jolain et Raymond Fekik, Mutuelle du Mans Assurances, gestion désastreuse, attribution d’indemnités retraites dans des conditions controversées, 4,5 Mds de francs de pertes.

[1] Promotion fictive, composée en fait de membres de plusieurs promotions.
[2] Hors série spécial 20 ans de Société Civile, le mensuel de l’iFRAP.
[3] Dixit l’AMF

1 commentaire:

  1. Absolument hallucinant ! La réalité dépasse la fiction. M. Macron a empoché plusieurs millions d'euros, en jouant au Monopoly avec les entreprises chez Rothschild, sans rien déclarer à l'ISF. Il n'y a pas à dire, les énarques ne sont pas doués pour gérer l'argent des autres, mais pour le leur ça décoiffe !

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