jeudi 23 octobre 2014

Pour une évolution des pratiques médicales


Si le jet de M. de MARGERIE n’avait pas malencontreusement heurté un chasse-neige, la France continuerait d’être toute tourneboulée d’un  projet "audacieux" visant à permettre aux pharmaciens de vacciner leurs clients. Évidemment, ça pouvait choquer: on imaginait déjà  quelque pharmacien fou vacciner par surprise et en toute impunité d’innocents vieillards venus se procurer un flacon de Jouvence de l’Abbé SOURY en vue de leur participation à un concours de rock acrobatique. Il n’en était rien: le vacciné devait être consentant.

Ce qui peut bien faire l’intérêt d’une telle réforme ne m’apparaît pas clairement. Il me semble que les déserts médicaux sont également des déserts pharmaceutiques. Si l’on souhaite vraiment remédier à la pénurie de personnel médical en milieu rural comme en quartiers « sensibles », ce n’est pas par des réformettes qu’on y parviendra. Si on souhaite économiser sur les dépenses médicales, il faut avoir recours à des catégories dont les coûts horaires sont notoirement plus bas que ceux des professionnels de santé.

Quand on y réfléchit bien, les affections cardiovasculaires, intestinales ou respiratoires sont généralement, à la base, des problèmes de tuyauterie. Or qui est mieux à même de s’occuper  de ce genre de soucis qu’un plombier?

Vous avez un organe  (rein, vésicule, etc.) dont l’ablation mettrait fin à votre calvaire. Qui oserait dire qu’un boucher, un charcutier et surtout un tripier ne saurait vous en débarrasser vite fait sur le billot?

Pour les travaux plus grossiers d’amputation de membres pourquoi ne pas faire appel au bûcheron?

Le boulanger traditionnel qui pétrit ses miches, ne pourrait-il pas se substituer dans bien des cas au kiné et s’occuper des vôtres ?

On mettra en avant que peuvent se produire lors de ces opérations certaines complications. Le nier serait se montrer léger voire inconséquent.  Cependant, c’est triste mais indéniable, les centres de soins traditionnels sont de véritables nids à microbes: 800 000 personnes y contractent chaque année des affections qui s’avèrent mortelles dans 4200 cas. Qui d’entre vous ou parmi votre entourage osera sérieusement affirmer avoir contracté une maladie nosocomiale après une visite chez son boucher, son boulanger ou suite à une intervention du plombier? Où est l’insécurité? Sans compter que grâce à Internet, l’artisan consciencieux saura bien vite pallier ses légères lacunes techniques.

Voilà ce qu’il faudrait faire. Serai-je entendu ?

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